Lucie Delarue-Mardrus – Par ma fenêtre ouverte


– Par ma fenêtre ouverte où la clarté s’attarde, Dans la douceur du soir printanier, je regarde… Chaque arbre, chaque toit qui s’élance dans l’air, Tel le roc qui finit où commence la mer, Marque la fin d’un monde au bord d’un autre monde. Ici la terre et là le vide où, toute ronde, Cette terre, toupie en marche dans l’éther, Sans sa pauvre ceinture … Continuer de lire Lucie Delarue-Mardrus – Par ma fenêtre ouverte

Magali Bougriot – Nostalgie d’un baiser


–                                 il est des choses qui ne s’effacent pas… Elle. Tout en elle me faisait vibrer. Mais comme dans chaque symphonie, chaque partie a sa place, son temps sa mesure, son intensité. Un subtil mélange de sons dans un alliage percutant, profond et puissant. Elle. Tout commençait par la … Continuer de lire Magali Bougriot – Nostalgie d’un baiser

Javier Lentini – Etre hirondelle ou n’être pas .


– Si rien comme autrefois ne doit plus être si les mêmes nuages ne doivent plus revenir si l’on se leurre en conservant un souvenir si avec l’être humain doit vieillir le désir tout oubli est utile et l’automne sera un autre et long moment couvert de jaunes et de brumes Peut-être si chaque vert est recréé si les rayons suggèrent des lumières nouvelles et … Continuer de lire Javier Lentini – Etre hirondelle ou n’être pas .

Alejandra Pizarnik – Une main serrée sur la gorge


Une main serrée sur la gorge     –   Nous vivons ici-bas une main serrée sur la gorge. Que rien ne soit possible était chose connue de ceux qui inventaient des pluies et tissaient des mots avec la torture de l’absence. C’est pourquoi il y avait dans leurs prières un son de mains éprises du brouillard. – Alejandra Pizarnik, L’Arbre de Diane Continuer de lire Alejandra Pizarnik – Une main serrée sur la gorge

Rêves d’Amérique – ( RC )


– C’est une image que colporte le rêve : C’est  toujours mieux  ailleurs, Alors… Tu as rêvé de l’Amérique, Comme tant d’autres , parcourant les mythes, et celui, bien entretenu, de la géante de cuivre,   portant haut la flamme, et ceinte, Comme pourraient l’être ceux qui s’en réclament, D’une bannière  aux multiples  étoiles, Etoiles blanches  sur un bleu profond, parfaitement alignées, comme les  tombes, dans … Continuer de lire Rêves d’Amérique – ( RC )

L’écharde – ( RC )


    L’existence, toujours, pivote sur la douleur :           Des pas, encore des pas. On ne sait où ils nous mènent , C’est comme si le cours des jours s’émiette, et il faut vivre avec une écharde de fer, la porter ,       la sentir sans cesse. Elle se fait oublier, parfois, au soleil rouge de l’amour, mais re-surgit bientôt, lorsque saignent les blessures. Traversant la … Continuer de lire L’écharde – ( RC )

Constantin Jelenski – Élegie pour N.N.


– ÉLEGIE POUR N.N. Si c’est trop loin pour toi, dis-le. Tu aurais pu courir au-dessus d’une vague de la Baltique, Traverser le champ du Danemark, la futaie de hêtres, Tourner vers l’océan et c’est déjà, proche, Le Labrador, blanc en cette saison de l’année. Toi, qui rêvais d’une île solitaire. Si tu as peur des villes, du clignotement des feux sur les routes, Tu … Continuer de lire Constantin Jelenski – Élegie pour N.N.

Marina Poydenot – chemin de lumières


Chemin de lumières   Chaque journée, plus brève une poignée de lumière dans la forêt sombre. « Cette brièveté est infinie » te murmure ta vie passée directement de l’adolescence au vieillissement. As-tu grandi en petitesse ? Bientôt il n’y aura plus qu’un rayon sur ton pas et tu verras que la forêt était un champ d’étoiles. Tu découvriras enfin le visage de celui qui tenait la … Continuer de lire Marina Poydenot – chemin de lumières

la vibration d’un gong, un arrière plan de toile – ( RC )


  – C’est  comme  la vibration d’un gong  :  cela frissonne, puis cela frémit, dans un froissement qui monte en puissance, En s’amplifiant  jusqu’à la parole délivrée  de l’étain. Un point critique  nait de la  rencontre de la mailloche et  du disque  de métal. Un germe  du sensible :      Un geste  le précède. Mais  le son qui s’en extrait, cache  son envers,  sa mutité, sa  … Continuer de lire la vibration d’un gong, un arrière plan de toile – ( RC )

Valery Larbaud – De l’impériale


DE L’IMPÉRIALE Hymne Les boulevards de brume rose, Les ombres du soir vert et bleu, Tous ces gens et toutes ces choses, Tout cela, c’est à vous, mon Dieu. Le sourd grondement de la ville, Ne résonne qu’en votre honneur ; Et nous, d’un cœur simple et docile, Nous vous louons sur la hauteur. La tâche du jour est finie : Nous rentrons fatigués chez … Continuer de lire Valery Larbaud – De l’impériale

Alain Giorgetti – pourquoi il marche


–                           un des textes d’ Alain Giorgetti  visible  sur  son site  tumblr …                   Est-ce qu’on a le droit de demander à quelqu’un pourquoi il marche de la façon dont il marche… Est-ce qu’on demande à quelqu’un pourquoi il respire comme il respire, pourquoi … Continuer de lire Alain Giorgetti – pourquoi il marche

Lautréamont – Les Chants de Maldoror (30)


–         –     Tremdall a touché la main pour la dernière fois, à celui qui s’absente volontairement, toujours fuyant devant lui, toujours l’image de l’homme le poursuivant. Le juif errant se dit que, si le sceptre de la terre appartenait à la race des crocodiles, il ne fuirait pas ainsi. Tremdall, debout sur la vallée, a mis une main devant … Continuer de lire Lautréamont – Les Chants de Maldoror (30)

Ni son double, ni le tien – ( RC )


  –   Ce que le visage doit au reflet, Le champ ouvert de la lumière, Répercuté    sur l’étrangeté du monde, Le ciel découpé en lamelles, Comme s’il se gonflait de l’ absence ;                 Un écartèlement .   Je le percevrai peut-être, Au sein de la caresse de l’eau : >            Narcisse se penchant, Devine son image, Aperçue,             ondulée au fil du courant , Mais … Continuer de lire Ni son double, ni le tien – ( RC )

Jacques Prévert – Stabiles de Calder


Alexandre Calder  « stabile « : Young woman & her suitors –   Detroit . 1970 C’est pourquoi ses grands stabiles noirs peuvent apparaître à la tombée du soir comme de troublants épouvantails. Pourtant, Ils sont plein de bons sentiments, de tendresse. A quatre pattes ou debout sur les planisphères et les cartes perforées par les ordinateurs des pompes funèbres du progrès, citoyens souverains du règne végétal … Continuer de lire Jacques Prévert – Stabiles de Calder

Aria – ( Comme un air d’Italie ) – ( RC )


peinture: B Gozzoli – détail-     —   C’est en franchissant les portes  des jardins, que la vue se porte, sur les collines. Elles se dandinent, dans une  robe chamarrée  d’ors. On y trouve  des villages  à mi-pente Où les maisons  s’épaulent  de leurs lignes. Les cyprès forment une  couronne, sur les lignes  de crète. Ce serait une  lumière, comme  celle que peint Botticielli ; … Continuer de lire Aria – ( Comme un air d’Italie ) – ( RC )