Francis VILLAIN – son grand couteau de nuit


  sculpture  – bronze  nuragique  ( Sardaigne ) musée de Sassari   Il s’est approché lentement Avec son grand poignard en peau de nuit Il a pris, il a pris tout son temps Avec son grand poignard en peau d’ennui Il a reniflé dans le vent Avec son grand sourire de trop de nuit Il a souri de toutes ses dents Pour laisser t’approcher lentement … Continuer de lire Francis VILLAIN – son grand couteau de nuit

Et si le vent ne contenait aucune promesse (Susanne Derève)


        Granville Redmond       Morning on the Pacific     Et si le vent ne contenait  aucune  promesse S’il fallait rejoindre la mer –  les rivières ne recèlent qu’un reflet trop pâle  éphémère   du temps,      de ce va et vient sur l’estran –     S’il fallait la rejoindre au-delà des estuaires quand elle se déleste aux confins du rivage de … Continuer de lire Et si le vent ne contenait aucune promesse (Susanne Derève)

Samira Negrouche – courir sans regarder derrière soi


    peinture Michael Borremans   – Avant que l’aube n’apparaisse, courir sans regarder derrière soi les fleuves évaporés et les paroles effritées des sages de légendes. Avant plus avant le soleil est d’une douceur clémente m’apprend d’autres caresses et je deviens un poteau électrique dans une plaine humide et je passe aussi vite qu’eux sur le parcours d’un TGV pressé de rejoindre ses rendez-vous … Continuer de lire Samira Negrouche – courir sans regarder derrière soi

Qui chante là-bas ? – ( RC )


– image  extraite  du film « qui chante là-bas » de Slobodan Sijan Je me souviens de l’ex-Yougoslavie des plaines,             de la nostalgie, de la chanson d’un violon navigant dans le ciel, et les airs de danse traditionnels. –        Il y a des airs que l’on n’apprend pas, ils traversent les saisons, et à travers leurs chansons, on se … Continuer de lire Qui chante là-bas ? – ( RC )

Est-ce un homme qui pleure ? – ( RC )


en « réponse »  au texte  précédent, de Susanne  Derève   Est-ce un témoignage d’amour, cette plume qui est le marque page de notre livre ? Est-ce que nos vies sont liées par ce serment écrit , avec cette plume, justement ? Mais les pages se sont tournées, avec les années : il n’y a plus que les miettes du passé . Si la tendresse se conjugue … Continuer de lire Est-ce un homme qui pleure ? – ( RC )

Un homme qui pleure – (Susanne Derève)


Un homme qui pleure   c’est    comme un bateau abandonné après l’orage un enfant qu’on n’a pas bercé C’est un soldat qui a rendu armes et bagages un drapeau blanc planté au milieu d’un grand champ dévasté une mine qui n’a pas sauté et qui attend  sous  terre  le moment d’exploser                                                                           Un homme qui pleure est-ce un naufrage ou bien est-ce mon cœur qu’il … Continuer de lire Un homme qui pleure – (Susanne Derève)

Aurélien Péronnet – du vent dans les tresses


  Un jour se lève sur moi même Où je ne suis plus que passé La graine et vent que ‘je sème Aujourd’hui se met à souffler Et dans l’humeur amie du verbe Où la trêve fut scellée Je ne suis plus que rumeur acerbe Dans vos bouches filées Ni la soie des paroles Ou le doux tissu des non-dits N’ont cousu l’abîme et le … Continuer de lire Aurélien Péronnet – du vent dans les tresses

Ile Eniger – Hors tout


Pleiades Star Cluster_         by Robert Gendler      2004 – Je veux une averse d’étoiles sur les villes sales, des arbres qui dansent dans les pas fatigués des passants, le tournesol d’une robe jaune sur la grisaille des tristesses, le souffle pur d’une terre haute, l’eau glacée d »un torrent éclatant de rire, des étincelles de nuit faisant battre le cœur des mots pour … Continuer de lire Ile Eniger – Hors tout

Une esquisse sur une feuille vierge – ( RC )


peinture: Edvard Munch  » nuit blanche »   – Bien qu’il n’y ait plus un bruit, tout autour des murs, ce n’est pas pour autant une nature morte,           mais seulement une ouate à peine différente de celle du ciel, et d’où part le silence. Il s’est posé, tout en blanc de partout. Les arbres sont dans l’attente  ; ils cherchent leur … Continuer de lire Une esquisse sur une feuille vierge – ( RC )

Alberto Giacometti – une question continuelle à l’univers


peinture: Alberto Giacometti – détail de portrait de Peter Watson – – « Notre activité n’est qu’une question continuelle à l’univers, qui est aussi nous-même. Pour chacun de nous, le monde est bien un sphinx devant lequel nous nous tenons continuellement, un sphinx qui se tient continuellement devant nous et que nous interrogeons. Nous ne pouvons le faire que dans une attention soutenue, même physique de … Continuer de lire Alberto Giacometti – une question continuelle à l’univers

Yanka Diaghiléva – Seras-tu ?


Yanka Diaghiléva dont on peut  trouver  les traductions  du russe par Henri Abril, sur son site art:         exposition Georges Guye     Seras-tu le rayon clair             qui naît de l’ombre, Seras-tu l’ombre engendrant le rayon ? Seras-tu la pluie bleue             qui tombe sur la neige, Seras-tu l’un des nuages ? Ne seras-tu qu’un maillon   … Continuer de lire Yanka Diaghiléva – Seras-tu ?

Echappée belle -II (Susanne Derève)


      Braque: Les Barques. 1951     Une barque à remonter le tempsflot essaim des jourset posée sur l’eau la lumièrecomme un reflet du ciel si ténuun souffle peignant le silence à peineun nuage l’embellied’un léger coup de pinceau Doux bruissement de l’étraveune chansonHeurts bois contre l’eauquelques gouttes arrachées par la rame en surfacesitôt perdues -le léger fil des larmes – justeune trace … Continuer de lire Echappée belle -II (Susanne Derève)

Toi qui vins de bien loin – ( RC )


Toi qui vins de bien loin, le vent derrière ton dos, et les gestes d’écume, as-tu marché sur l’eau, les pas aussitôt effacés par les vagues ou es-tu née d’une conque, comme la Vénus de Sandro, célébrant la venue du printemps ? Enveloppée de ciel, les nuées en robe vaporeuse en as-tu repoussé les limites, replié les courbes de l’espace , fait de la mer ton … Continuer de lire Toi qui vins de bien loin – ( RC )

Eugenio de Andrade – traverser l’été pour te voir


photo  Frank Vic J’avais traversé l’été pour te voir dormir, et rapportais d’autres contrées un soleil de blé dans la pupille ; quelquefois la lumière s’attarde sur des mains fatiguées ; je ne sais en lequel de nous explosa une soudaine jeunesse – explosa, ou chantait : l’air était plus frais. Qui chante en plein été espère voir la mer. Continuer de lire Eugenio de Andrade – traverser l’été pour te voir

Paul-Jean Toulet (Le tremble est blanc)


            Pierre Bonnard   Jeune fille jouant avec un chien   Le temps irrévocable a fui. L’heure s’achève. Mais toi, quand tu reviens, et traverses mon rêve, Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève,     Tes yeux plus clairs.   A travers le passé ma mémoire t’embrasse. Te voici. Tu descends en courant la terrasse Odorante, et tes … Continuer de lire Paul-Jean Toulet (Le tremble est blanc)

Réfractaire aux laboratoires – ( RC )


J’ai dû crever l’atmosphère : des spirales m’entourent, cristallisant l’univers    :        il y a des miroirs tout autour, qui bavardent tous ensemble dans un grand palais des glaces dont le centre flambe    : on dirait qu’on parle à ma place . Ici, jamais le feu de s’éteint et au milieu,       je m’égare       ces discours ne … Continuer de lire Réfractaire aux laboratoires – ( RC )