Adriana Mayrinck – Rideau de fumée


photo Dielucie     Dans la fente qui répand la lumière Je ne trouve pas ton reflet Dans le rideau de fumée Qui nous sépare Infranchissable Je ne peux pas t’atteindre À quel moment j’ai perdu le raccourci Quel mot mal dit T’a fait taire Insomnie.. Je traverse le désert de l’aube Dans la solitude accompagnée de ton souffle. – traduit du brésilien: texte  original: … Continuer de lire Adriana Mayrinck – Rideau de fumée

Abdelkebir Khatibi – Dédicace à l’année qui vient


extrait du recueil  » Dédicace à l’année qui vient »   peinture D G Rossetti – Matin musique – 1864   La blonde d’antan Et la rousse d’autrefois Tant de belles ténébreuses Pour mes jours ensoleillés Aux quatre points cardinaux Chaque saison les étrenne De quelques rayons de miel Et chaque anniversaire Renouvelle ma grande promesse Oublier ce qui s’oublie Et aimer ce qui se perpétue … Continuer de lire Abdelkebir Khatibi – Dédicace à l’année qui vient

Silences – (Susanne Derève)


Ma mère, mon enfant,  ma sœur, et toi mon amie que tes peurs entrainent  parfois dans les limbes comme si le diable allait t’étreindre                                   au saut du lit   Et les  mots les mots  qui s’envolent quand de me pencher sur vous de vous bercer à genoux me rend avare de paroles   Ma mère, mon enfant, ma sœur, toi  mon amie dont le … Continuer de lire Silences – (Susanne Derève)

une épaisse nuit à l’intérieur de la terre ( RC )


mains négatives: grotte  de Roucadour   Sous nos pieds, à l’intérieur de la terre, de l’épaisse nuit ce sont peut-être des regrets teintés de noir, où ,       dans les profondeurs souterraines les cavernes se font, creusant le silence d’une paix de ténèbres . Et la roche suinte d’un goutte à goutte lent, régulier, marquant l’éternité du temps, qui finit par la dissoudre, en … Continuer de lire une épaisse nuit à l’intérieur de la terre ( RC )

Oscar Wilde – La ballade de la geôle de Reading (II)


        Nous l’avons vu dans la cour, six semaines, Dans son costume gris-poussière, Coiffé de sa casquette de cricket, Sa démarche semblait légère, Mais jamais homme n’avait regardé Si passionnément la lumière.   Mais jamais homme n’avait regardé, Avec ces yeux pleins de passion, Ce petit pan de bleu que nomment ciel Les détenus de la prison, Et tout nuage entraînant dans … Continuer de lire Oscar Wilde – La ballade de la geôle de Reading (II)

Rabindranath Tagore – cette enfant


photo Ayashok   Ce n’est encore qu’une enfant, Seigneur. Elle court autour de ton palais , s’amuse, elle essaie de faire de toi aussi un joujou. Elle ne prend pas garde ses cheveux décoiffés, ou à ses vêtements négligés qui traînent dans la poussière. Mlle s’endort sans répondre quand tu lui parles — la fleur que tu lui donnes le matin, lui glissant des mains, … Continuer de lire Rabindranath Tagore – cette enfant

Alda Merini – en contact avec la chair du monde


sculpture – Musée Gulbenkian – Lisbonne   J’aime les gens qui savent écouter le vent sur leur peau, sentir les odeurs des choses, en capturer l’âme. Ceux qui ont la chair en contact avec la chair du monde. Parce que, là, il y a de la vérité, il y a de la sensibilité, parce que, là, il y a encore de l’amour « . –   … Continuer de lire Alda Merini – en contact avec la chair du monde

Alda Merini – née le vingt-et-un au printemps


    peinture  D Rossetti –   détail – Proserpine   Je suis née le vingt-et-un au printemps mais je ne savais pas que naître folle, ouvrir les mottes pouvait déchaîner la tempête. Ainsi Proserpine légère voit pleuvoir sur les herbes, sur les gros épis gentils et pleure toujours le soir. C’est peut-être sa prière.      (de Vuoto d’amore, Il volume del canto) Continuer de lire Alda Merini – née le vingt-et-un au printemps

Côté ombre – ( échos de textes SD – RC )


( ces textes sont visibles  dans  la partie   » ping-pong ) photo Jerry Uelsman — COTE OMBRE J’ai fait  les cent pas sur le parvis côté ombre À même le pavé la gitane a suivi les lignes de ma main mais elles étaient brouillées De l’autre côté des pierres Notre-Dame de la Mer écrasée de soleil, déserte, s’endormait Dans le silence d’un plein après-midi d’été … Continuer de lire Côté ombre – ( échos de textes SD – RC )

Erri de Luca – la brebis brune


photo denvedarvro  ( écomusée  du musée de Rennes )     La brebis brune Est la première agressée par l’éclair et le loup, le tour de mauvaise chance qui gâte la couleur uniforme du blanc troupeau. Le jour la chasse, la nuit l’accueille dans le noir térébenthine qui dissout couleurs et contours et fait qu’elle ressemble aux autres. La nuit est plus juste que le … Continuer de lire Erri de Luca – la brebis brune

L’Ogre et l’hirondelle – (Susanne Derève)


J’étais l’Ogre    j’étais l’Ogre petite hirondelle sous les toits et tu te ceignais de nuages à tire d’ailes et je chaussais mes bottes de sept lieues pour te rejoindre par dessus les montagnes   par-dessus les vallées et les nuages t’emportaient loin des montagnes et des vallées petite hirondelle à tire d’aile Continuer de lire L’Ogre et l’hirondelle – (Susanne Derève)

Andreï Poliakov – Mésange


      Mésange parlait ainsi :   Les temps automnaux vont si bien à la pluie, tels les poissons         à l’aide de leurs petites ailes des formidables oiseaux monstrueux              y nagent en effet                  et des poupées appartenant à deux jeunes filles,         deux filles et deux poupées. … Continuer de lire Andreï Poliakov – Mésange

Pénélope – (Susanne Derève)


Le temps  avale la pelote et patiemment je détricote le fil  ainsi fit Pénélope dévidant la nuit son ouvrage   (le temps abolit son veuvage avait-elle entendu  le vent qui poussait Ulysse au rivage)   Araignée qui tisse sa toile si je démêle l’écheveau parfois la lueur d’un falot suffit à déchirer le voile   Si la coque devient radeau qu’il vienne à rompre les … Continuer de lire Pénélope – (Susanne Derève)

Ciseler l’image du souvenir – (Susanne Derève)


 Imogen Cunningham – Hands and Aloe Plicatilis . Blanche colombe entre les mains de l’oiseleur vent tiède à la cime des trembles les doigts du matin sur ma peau . Soleil      sang noir jeté sur l’eau . N’effacera pas le souvenir des doigts de la nuit n’effacera rien des souvenirs ne fera rien que marteler le bruit du sang à mes tempes encore et encore jusqu’à … Continuer de lire Ciseler l’image du souvenir – (Susanne Derève)