Le canal Saint-Martin – ( Susanne Derève – René Chabrière)
. extrait de : Le calendrier de l’avAnt et de l’Après (écritures communes ou en écho) Continuer de lire Le canal Saint-Martin – ( Susanne Derève – René Chabrière)
. extrait de : Le calendrier de l’avAnt et de l’Après (écritures communes ou en écho) Continuer de lire Le canal Saint-Martin – ( Susanne Derève – René Chabrière)
Encore me dit la pluie, encore me dit le ventet leur plaintedans les rameaux de cendre de l’hiver,dans le lit assoiffé du torrent sonnecomme un long cri où s’éboulent les pierres. Roses fanées de Décembre : les doigts du givrece matin façonnaient leurs corolles sèchesde délicates enluminures.C’est ainsi le temps s’emploie à nous duper. La main d’où volait la semence des blés,le geste auguste : ensevelis, abandonnésaux strates … Continuer de lire Encore – (Susanne Derève) –
sc Seyed Alavi – Duncan Street – Walnut Creek, -Californie les premiers motsviennent d’un coeur absentpeut-être d’une grande infortuneou d’une clarté insoupçonnéeet l’on se tient fébrileau bord de soi Forêts Mers Ciels de nuitFoules :On saisit au volces espaces rêvéscroyant saluer l’étrangetéqu’on sent guetteraux marges Mais très vite on est pauvredevantce qui vientqui appelleet se dérobe Ce matinj’entends à deux cents mètres de ma feuillela … Continuer de lire Jean-Marie Barnaud – les premiers mots
Traduit par Valérie Rouzeau … Continuer de lire William Carlos Williams – Le Moineau –
C’est comme ça que tout passe l’orage et puis l’éclaircie,les ruines de l’abbayel’escalier de pierrequi ne mène nulle part, ça sent la boue et l’abandon,les pierres en désordreà côté de la moissonneuse,un ange renversé au sourire cassé… Les odeurs d’huile des tracteursencore tièdes de leur labeur,sagement alignés dans les hangars.On vient de rentrer la moisson,juste avant la pluie battante . Grise est la maison,le silence … Continuer de lire C’est comme ça que ça se passe – ( RC )
30 juillet – Je vois ton jardin ouvrier, tes outils(ai-je hérité de leur patience ou de leur tranchant ?)Dans cette lumière délabrée des soirs non loindu port de guerre, sur 20 m2.La gravité de ton visage me troublaitQuand tu ouvrais pour les tomates devant moiDes rayons à fumer d’origine terrestre,Ou me soulevais dans tes mains d’altiplanosPour m’éloigner du puits sans margelle, autrefois. Souvent je passe … Continuer de lire Marcel Migozzi – jardin ouvrier
Fenêtres, portes, lucarnes : amies intimes,complices de mon évasion quotidienne,messagères d’un monde clair et agilequi pose sur les meubles son éclatant reflet. La fenêtre est invitation incessante au voyage :son fleuve d’air et de lumière débouche dans le ciel.Dans ses profondeurs transparentesplus d’un rêve a naufragé. La porte évite ma présence et me laisse passerdans l’éternelle attitude roide du soldat.Ne déjouent sa consigneque le jour … Continuer de lire Jorge Carrera Andrade – Les amitiés quotidiennes
photo recadrée : voir origine pxhere – Faut-il encore sortir les jours de mauvais temps, espérer voir un peu de ciel bleu dans les heures écrasées ? Une mouette blanche s’est envolée de la digue juste au moment où un obus fracasse le ciment A-t-elle eu ce pressentiment les ailes déployées, ou de nos âmes , eu pitié ? On voit … Continuer de lire Ce pressentiment, les ailes déployées – ( RC )
. . Dans l’obscur je suis, de la petite main jamais satisfaite qui triture le mot de la nuit pour un matin d’enfance . où l’illumination du bonheur me vint d’un boisseau d’or que versait la fenêtre à mes pieds . Et j’en fus prisonnière tout un jour d’été . Continuer de lire Ors – (Susanne Derève) –
gravure Gustave Doré ( de l’enfer de Dante ) Tu es entrée dans les ombres du sommeilun jouret tu y as reconnu mon visage exsanguealigné aux autres sur l’aire du sacrifice.avec la torche de ton savoir. Tu as éclairé les ombres de l’enfer.toi, mère immaculée et tristepour qui les jours ont étécomme autant de fils. Continuer de lire Alda Merini – dans les ombres du sommeil
Je suis parti à ta rechercheparmi le feux follets des alpagesSur la brunej’ai guetté ton passage à l’u du cheminMa voix s’est amplifiéeet j’ai crié ton nom dans les couloirs du monde Que tu chantes la planche ou magnifies la pierreou que ton bras fasse le geste qui emblavele geste qui féconde les sillons de la terrej’aurai nécessité de ta présencepour engranger la moisson de … Continuer de lire Anthony Phelps – Quête
Un couple ailé s’est échappé de l’une d’entre elles,faisant face à un oiseau qui tenait dans son becune sorte de grappe.Un soleil imitant une fleura ouvert ses pétales jaunesnourrissant la terre de sa chaleur. Avec l’arrivée du soir l’une des planètesa dû se poser sur l’horizon,car les couleurs ont changé :du vert et du mauve se sont emparés des collines, les routes se sont dissoutesles … Continuer de lire Daphnis et Chloé échappés d’une planète – ( RC )
photo: Izis À qui veux-tu parler ? Les trottoirs sont déserts, Un petit soleil mort Ou le crachat d’hier Se sèche sur le mur. O veine de mica, Tesson, mucus, paupière, Trace d’une lueur Absorbée par la pierre, Ne t’éteins pas encore, Reste d’un geste humain Ou souvenir du jour, Illumine ce peu D’espace consolable Où ma vie comme un poing Serre ses derniers rêves. … Continuer de lire Jacques Borel – la trace
Je voudrais quitter ma ville et mon corps pour aller vivre ailleurs si le ciel était la lumière de l’instant je partirais en quête du ciel si le ciel habitait notre regard je chercherais la transparence pour voir le vol des oiseaux traverser tes yeux et l’instant de lumière se poser près de nous jour après jour j’imite je colle je reconstruis avec des mots … Continuer de lire Luis Mizon – je voudrais quitter ma ville et mon corps
Etoiles du jour étoiles de la nuitVotre éclat est-il le garant de notre serment ?De notre beau secret sur sa fleur vocale ?Et qui peut m’assurer que l’illusion ne s’est pas évanouie ?Ou que le vertige du litige n’est pas en instanceDans la caresse d’aujourd’hui que tu nous prêtes ?Va et viens dans le cycle de l’AimanceJe te passe l’anneau au centre du cœurCe qu’il … Continuer de lire Abdelkhebir Khatibi – Etoiles du jour étoiles de la nuit ( 1ère partie)
Nous voilà transportés à la plagedans une écume beigetoute en dentelles.Il y a cette demoisellesur fond de galaxiesparmi les tourbillons de neige,avec ce ciel à la Pollockqui fait un peu toc !: c’est donc le grand départde l’histoire de l’artqui s’en va visiter d’autres continents;( ayant acquitté les frais de son voyage )avant de se trouver prisonnièredans les filaments gluantsde ton collage: on la voit … Continuer de lire Sculpture – collage – dentelles – ( RC )
Le sol tremble vaguement et les pavés se disjoignent, mais c’est ailleurs et elle ne peut pas savoir. Qui serait avec elle dans la chambre où elle repose verrait son visage s’assombrir. Il n’y a personne. Seulement les pavés qui se disjoignent et laissent deviner quelque chose de noir et de granuleux, du goudron, de la terre peut-être. Elle s’est agenouillée, elle regarde le sol … Continuer de lire Lucie Taïeb – rêve de vertu ( extrait )
photo RC – Finistère Parfois le monde me plait. Je n’éprouve que la vibration. Ma tête bourdonne doux.Elle a sa plage de liberté, elle pense ailleursNomade, vacancièreLe sable est meilleur au soleilMa maison est vide, déserteLes fantômes se baignent à la merLes domestiques de l’hiverOnt fait leurs bagagesIls ont pris des passeports de nuagesAlors la maison évidée de ses bruits,Suit aux fenêtres les traces de … Continuer de lire Anna Jouy – Parfois le monde me plait
photo RC jardin des orchidées – Singapour 2022 Fleur anachronique,c’est fini, l’étéles moussons du Pacifique,les lointains égarésoù les jardins botaniquesseront là à t’attendre…Il faudra te contenterdu jardin des orchidées,des fleurs de gingembre. On y croise quelques filles,à l’abri d’une voûte de verrequi se font tirer le portraitcomme aux Champs Elyséeslégèrement en retraitsur le fond vert.Elles rêvent de vrais alizés,de paysages extraordinairesdes plus esthétiquespar-delà les frontières, … Continuer de lire Fleur anachronique – ( RC )
Lucia, c’est la meilleure façon de m’adresser à vous d’aussi loin. Prenez le comme une lettre parlante. Il y aura beaucoup de blancs parce que je devrai souvent revenir en arrière. À la fin, je ne me réécouterai pas, sinon je n’en aurai jamais fini. Quand j’écrivais, rappelez vous comme c’était plein de ratures. Si vous pouviez entrer dans cette pièce, ce serait sûrement plus … Continuer de lire Pierre Lieutaghi – Lumière close ( part 1 )
estampe chinoise musée Guimet Paris Tout au long de ces années d’exil, j’appris peu dans les livres,seulement de quoi ne pas être vaincu aux examens,mais la petite jungle où je pataugeais, parmi une faune sans griffe ni crinière,ensauvagea plus encore mon caractère et mes sentiments,m’immunisa pour toujours contre les tentations et les ambitions dérisoires. Profit unique, vraie richesse engrangée d’une âme goulue,sagesse surgie de l’instinct, … Continuer de lire Ludovic Massé – la terre du liège ( extrait )
frise romane Lucques (Italie) Les imagiers de pierrenous content les oiseaux :colombes et corbeauxdes légendes historiées . Nous ne connaissons plus les temps d’avantaux côté d’êtres imaginaires,des monstres aux dents acérées,assoiffés de sang,qui peupleraient l’enfer. On rêverait plutôt aux princesseset aux reines,qu’au destin des ânesses. Confie-toi plutôt aux sirènesà queue diviséeque voisinent les hérosmontés sur les chevauxdans une autre scène. C’est un livre ouvertqui nous … Continuer de lire Imagiers de pierre – ( RC )
Petite mère, tu t’es promenée si longtemps dans le siècle passé, dans celui-ci tu erres, mince fantôme aux os de verre, aux yeux clos, vide comme l’hostie que petite fille transie sous ta robe légère tu portais à ta bouche dans la pénombre froide des églises, rêvant à la lumière des chemins buissonniers, aux routes blondes de l’enfance. Toi qui n’es … Continuer de lire Petite mère (2) – (Susanne Derève) –
le vent !oh le vent transformaitles rues en ravinsles places en landes mauditesla ville en ventre de baleine oh dans le vent nousdevenions feuilles d’arbreet nos manteaux ailes d’oiseaushamans nous aurions pu nous envolerchavirer comme une illusionou nous éparpiller en mille embruns le vent, le vent, quand le vent déversaitsur la ville ses nostalgiesde monstre marinla cathédrale se faisait montagneet refuge ses grottes sculptéeset le … Continuer de lire Murièle Camac – le vent
Isoler tes lèvresLes fleurs nouvelles Et tes grands yeux d’eauQui vont la nuit sur les toitsCueillir d’autres fleursPromener les champs de nuit Isoler tes regardsLes cacher sans maliceLorsque tu baisses les yeuxSur moi sur nous Nous marchons les fleursSans trop nous approcher des fenêtresVacantes d’espaceEt les toits remplis de pluieSe vernissent de lune Je n’ai jamais eu de souliers vernis« L’amour est enfant de bohème … Continuer de lire Alicia Galienne – Nous nous noyons de fleurs grandissantes et vulnérables
peinture Jane Cornwell une esquisse rapide,dans ce lavis liquideun pinceau qui court,sans souci du détailni des contours,trempé d’encre verte à tout hasard,plus une touche de grisaillele tout sans symétrie, mais c’est ton regardqui y est inscrittoujours interrogatif: chaque fois que j’ouvre ce cahier,je pense à cet instant furtif,l’essence d’un secret,ce moment passagerque je vais conserverpour toujours, à l’abri de l’oubli… Continuer de lire esquisse trempée d’encre verte – ( RC )
installation :Karina Smigla-Bobinski Je suis inquiet, assoiffé d’infini. Mon âme s’épuise en son désir d’atteindre aux sphères inconnues. Ô Grand Au-delà! le pénétrant appel de ta flûte! J’oublie, j’oublie toujours que je n’ai pas d’ailes pour voler, que je suis indissolublement rivé à ma place ici-bas. Anxieux, je ne puis trouver le sommeil. Je suis un étranger en un pays étrange. Ton souffle m’arrive, murmurant … Continuer de lire Rabindranath Tagore – assoiffé d’infini
Mes illusions perdues, plus pauvre qu’en ma jeunesse, je suis, et mes cheveux coupés. Pour vêtir un roi nu, n’ai qu’un maigre édredon que chacun tire à soi et quand sur vous, mes frères, les mâchoires d’acier des frontières se ferment, j’appelle, j’appelle encore, blanche est ma voix, noyée dans le grondement du flot, blanche, la supplique qui monte des radeaux accrochés à nos … Continuer de lire Blanche est ma voix – ( Susanne Derève) –
peinture Andy Demzler Il pourrait le dire, en haut-allemand, ou en noroît :Le vent souffle, la cendre dans les hangars, le bel orage ouiLes morts déplacent des pierres des chantiers le H pour fenêtre d’hôpitalOù la lumière fait une flaque au pied de personne avant de se retirer,Où les rideaux évoquent théâtre chauffé, lit, drame, jouent des scènesFurtives au toucher qu’est la main retrouvée.(La pourriture … Continuer de lire Nicolas Jaen – le coing propose une joue d’ombre à l’apprenti
peinture : Markus Lupertz musée d’art moderne de Paris Je ne suis que passante La passante du rêve La passante d’un soir La passante du désespoir Sur la feuille volante J’existe et je n’existe pas L’écriture s’efface sans laisser de traces Comme un écho à travers le temps Illusion Je partirai un jour à pas de loup sur le chemin. ————— ( texte de 2008 … Continuer de lire Mireille Podchlebnik – Passante
photos Instagram Te souviens tu des hauts plateaux,où le vent ne trouve aucun obstaclepour balayer le ciel ?Il peut se poser sur le lit de basaltedu pays d’Aubrac sans faire de bruit. Peu d’arbres, et des herbes,comme une mer moutonnantesous le ruban d’azur.De temps en temps, un ruisseaucherche à s’évadermais ses méandresse perdent dans les joncs,et les lacs sombresoù le bleu sans reflets’ égare dans … Continuer de lire Hauts plateaux, où la joie demeure – ( RC )
Sur mille lieues, le fleuve limpide, sur mille lieues, le ciel d’azur, Une fumée flotte sur les mûriers d’un hameau solitaire.Le vieux pêcheur que nul ne trouble reste plongé dans le sommeilQuand il s’éveille, l’après-midi, sa barque est couverte de neige*. . * la neige est inconnue dans cette région du Vietnam . Mais les poètes employaient souvent ce mot pour désigner la brume par … Continuer de lire KHÔNG LÔ – Douce oisiveté du vieux pêcheur – (Ngu nhàn)
hombres dans l’ombre des révolutionsil construit une échelle de bois blancune volée de marches pour voler à nouveauescalier qui porte à la porte des femmeschambre où se découvre le pot aux roses de la mémoireaveugle écossant des images de papier glacéses doigts révèlent des héroïsmes de soldats de plombil rêve de ce miroir obscur où se reflète une étoilearaignée d’argent dans la gourmandise de sa … Continuer de lire Michel Foissier – hombres dans l’ombre des révolutions