Jean Tardieu – la sainte Réalité


photo Mikhail Maiofis Quand bien même je verrais de mes yeuxles ancêtres peints sur les tableauxdescendre de leur cadre et marcher dans l’épaisseur du mondeQuand bien même je verrais de mes yeuxles routes de la terre se lever dans le cielgracieuses et penchées comme des jets d’eauQuand bien même j’entendrais le soleil(comment, lui ? oui le soleil le soleil )me parler a voix basse m’appeler … Continuer de lire Jean Tardieu – la sainte Réalité

Paul Morand – Etrennes


Lire les visages et les mains,consulter les vêtements,surveiller l’usure des semelles,classer les tachesse fier aux initiales des chapeaux. INDÉPENDANT Je suis furieux de mon sommeil,je n’admets pas de syncopes,je ne suis pas doué pour le délire. IMPERMÉABLE Mais on ne lit jamaisqu’une même fortuneet qu’une même brûlante fatigueaux constellations obscures qui montentet tombentdans ce ciel rose et clos des paupières. INEVITABLE Faute de mémoireje n’ai … Continuer de lire Paul Morand – Etrennes

le monde concentrique de Gavrinis – ( RC )


photo – intérieur du site de Gavrinis – Morbihan un monde concentriqueoù pénètre seulementle rayon obliquedu solstice d’hiver dans le secret des pierres dressées:assemblée presque humainecachée aux yeux des vivants. Le visiteur comme un intruspourra progresser à tâtonsen se guidant seulementpar le mainset les spirales d’un langagequi nous échappeencore aujourd’hui mais il parle pourtantdu sentier ténude nos originescar leurs ombresgravées au plus profondde la matièrenous … Continuer de lire le monde concentrique de Gavrinis – ( RC )

La chair du fruit se pare d’un soleil où l’ombre ne pénètre pas – ( RC )


sculpture – masque ventral Makonde – Afrique ( Tanzanie ) La chair du fruit se pare d’un soleiloù l’ombre ne pénètre pas. Une peau de pêchevante son velours…qui n’a d’équivalentque celui de la tienne. Tombent rubans et parurespour que mes mains s’y réfugient,accompagnent la peau découvertecontre les ciels d’été. L’herbe vive chantetoute la douceur des baisers.Le soleil n’est plus à conter… cf Gaelle Josse « et … Continuer de lire La chair du fruit se pare d’un soleil où l’ombre ne pénètre pas – ( RC )

L’aube dans la lente marée des heures – ( RC )


peinture Chu Teh-Chun L’aube ne passe jamais si vitedans la lente marée des heures….A chaque instant s’égarent les repèresle tracé de la côte n’est plus le mêmeque celui laissé hier avant la tempête.Tout a changé, la nuit après le cielles mains dans l’échancrure de la plaieun timide drap de jour où un bleu d’azurnous rappelle ce monde d’avant. Est-ce celui que nous avons rêvéou s’est … Continuer de lire L’aube dans la lente marée des heures – ( RC )

Raymond Prunier – frêle


peinture Gabrielle Münter la jeune fille appelle de loinj’ai sa voix aux tympansruisseau d’émeraude briséec’est si léger que le vent un peu l’effacebruissements maritimes des saules bleuselle avance frêle par le sentieraucune herbe froisséeje l’attendais au solsticeje l’interroge sur son retardelle moque ma bouderiepose deux doigts sur mon avant-braspour prévenir la plainte son léger contact – de nos jours incorrect –assure ma gaietéet sa chanson … Continuer de lire Raymond Prunier – frêle

Pierre patiente – ( RC )


sculpture Henry Moore: mémorial pour W B Yeats Ma pierre est patiente.Elle n’a que son grain pour corps, Inerte en apparence,elle surveille mon sommeil. Elle ne va pasjusqu’à ma ressemblance. Elle se dresse au bout du jardin,pâte dure qui a survécu. Survécu à la faim,mais peut-être qu’à la fin elle va me mangercomme un corps étranger qu’il faudra sculpterde figure humaine sans trop de détails,juste … Continuer de lire Pierre patiente – ( RC )

Lent rapprochement – ( RC )


———aquarelle RC Il faisait froid,tu es venue te blottir contre moi.Nous avions entre nous l’épaisseur de la nuit,tout le temps  de nous approcher sans bruit, et mon souffle  dans ton cou,petit être  sauvage, fallait-il oser,chercher nos mains, de mille feux,connaître les volumes et les  creux, ou laisser quelque distance,ne pas franchir la zone franche,où se tend le désir :un bord de soleil que l’on ne … Continuer de lire Lent rapprochement – ( RC )

Sculpture en devenir – ( RC )


dessin A Modigliani Il y avait ces deux yeux perdus dans le vide,et juste quelques arrondis, au crayon, sur un papier rêche,l’arc du dos calé sans encombresur le bord de la feuille,la tête au mouvement inverse. Modigliani n’a même pas précisé les mains.Le pied raccourci est à la croisée des courbes .Juste quelques ombres indiquées,pour détacher les bras —et tout naît ainsi dans l’harmonie : quelques lignes, … Continuer de lire Sculpture en devenir – ( RC )

À celui qui sait attendre – ( RC )


photographe non identifié À celui qui sait attendreles mains ne saisissent pas les nuagespas plus que les arbres et les broussailles:il ne faut rien prendrequand les heures se prélassent. On se fond dans le paysage,on aperçoit ce qu’on ne devrait pas voirce corps sans auxiliaireque l’on cherche dans une surface plane les jambes en jeune boisjuste à l’orée du lac,ou là où commence la merses … Continuer de lire À celui qui sait attendre – ( RC )

Ossip Mandelstam – Enveloppée ta bouche comme une rose humide,


   peinture Edward Munch 1896 - le lit de mort Enveloppée ta bouche comme une rose humide,Tenant entre tes mains les ruches des églises,Tout le matin des siècles aux confins du mondeTu es restée debout, en ravalant tes larmes. Tu détournais la tête avec douleur et honteDes cités toujours barbues de l’Orient —Et tu gis maintenant sur un lit de couleurs,Et sur ton visage on moule un masque funèbre ( … Continuer de lire Ossip Mandelstam – Enveloppée ta bouche comme une rose humide,

Jean Joubert – l’eau noire


photo sur site de Billy Plummer Ce lac serré dans le profond du corpsentre des rives invisibles,invisible lui-même, réduità son murmure, à son odeurde tourbe, de feuillage, ce gouffre d’ombre médusé, une lueur de biais soudain le frappe, et c’est l’immense quisurgit, le feu liquidefrôlé par des oiseaux de brumequi le fuient. Toi-même prisonnier de ton balcon de lune,les mains sur les genoux, les yeuxfermés, … Continuer de lire Jean Joubert – l’eau noire

Else Lasker-Schüler – mon piano bleu


Mein blaues Klavier Ich habe zu Hause ein blaues KlavierUnd kenne doch keine Note. Es steht im Dunkel der Kellertür,Seitdem die Welt verrohte. Es spielten Sternenhände vier –Die Mondfrau sang im Boote. – Nun tanzen die Ratten im Geklirr.Zerbrochen ist die Klaviatür. Ich beweine die blaue Tote.Ach liebe Engel öffnet mir – Ich aß vom bitteren Brote –Mir lebend schon die Himmelstür, Auch wider dem … Continuer de lire Else Lasker-Schüler – mon piano bleu

Negin Fallâhi – une barricade dans la tête


les yeux de l’enfant, volés par le dictateurla mère de l’enfant, voléeson père, volésa terre, volée le monde sur ma rétinevidenéantabsurde,sur la page : couleurdans mes yeux : noir et blancun hiver s’ écroule sur un enfantsur la page : couleurdans mes yeux : noir et blancmon obsessionpour un enfant sans espoirIgnorant même le mot désir ! je quitte les abymes de ma peine pour … Continuer de lire Negin Fallâhi – une barricade dans la tête

Mylène Charrier – la paix est une orange


peinture et photo Anne-Sophie Tschiegg Je voyage sur une route étrangeoù les amis se nommentcomme les fruits dans l’arbre je voyage vers toipour que tu m’apprennesce que de moije ne sais pas encore et si le chant qui monterend à la terretoute l’eau que j’ai bula paixest une orangequi vientcomme l’oiseausur la brancheet l’orangerde sa naissancedans les couleursdu ciel qui brûle Je ne saisqui de … Continuer de lire Mylène Charrier – la paix est une orange

Josette Hersent – Que ramènerons-nous ?


   peinture Victor Gabriel Gilbert:  beauté endormie     Que ramènerons-nousQuand nos yeux se fermerontEt que nos paupières deviendrontPlus lourdes que les pierres ?Peut-être un peu de cette glaiseQue nous avons tant et tant pétrieEt remaniéeAu creuset de l’amourEt que nos mains retiennentComme un dernier secours. – autres publications de l’auteure, visibles ici Continuer de lire Josette Hersent – Que ramènerons-nous ?

Rainer Maria Rilke – il faut mourir parce qu’on les connaît


« Il faut mourir parce qu’on les connaît. » Mourirpar l’indicible fleur du sourire. Mourirde leurs mains légères. Mourirdes femmes. Que l’éphèbe aille chantant les mortellesquand hautes à travers l’espace de son cœurelles s’en vont errer. Dans son sein florissantqu’il les célèbre ainsi:inaccessibles. Comme elles sont étrangères…Aux cimes du sentir.elles surgissent et la douce nuit répandentqui change dans le val déserté de ses bras.Le vent … Continuer de lire Rainer Maria Rilke – il faut mourir parce qu’on les connaît

Pierre Béarn – l’escale du regain


peinture Jorge Martins Pour les sentiments indécisc’était l’escale du regain,le dévouement aux mille mainset l’avoir qui se justifie… Dès l’abordage de son îleje crus revivre l’autrefoisdes pâmoisons sous les Tropiquescar elle était en terre de Franceune Mauricienne en exil. Je me saoulai de la senteurde ses plantations négligéeset des épices que l’on rançonnetel un explorateur rusé… Mais ce n’était qu’un superfluqui pour un instant s’abandonneet … Continuer de lire Pierre Béarn – l’escale du regain

Huy Can – mes deux mains


photo perso – Vietnam 2023 Voici mes deux mains,fleurs au bout des branches,roses les boutons,les pétales ronds. La nuit, je m’endorsavec mes deux fleurs,l’une sur ma joue,l’autre sur mon cœur. Dans le matin clairmes deux mains fleurissentaux joues de ma mèrepenchée sur mon lit. L’une vers mes dents,jasmin éclatant,l’autre à mes cheveux,matin radieux. Aux heures d’école,ma main studieusesur la page tracedes lettres-corolles mes deux pauvres … Continuer de lire Huy Can – mes deux mains

Luis Cernuda – quel nom lui donner dans mes rêves ?


photo Karol Yarrow Je ne sais quel nom lui donner dans mes rêves Je rencontrai cette forme devant la mienneÀ l’heure du crépuscule,Quand les disparitionsConfondent pour les yeux les couleurs,Quand le dernier amourCherche l’ultime corps.Une angoisse sans fond hurlait entre les pierres ; En route vers l’air, des hommes sourds,Tête oubliée,Passaient au loin, libres ou morts ;Honteux cortège de fantômesEt leurs chaînes brisées qui pendaient … Continuer de lire Luis Cernuda – quel nom lui donner dans mes rêves ?

Maintenant, on ne me voit plus – ( RC )


photo André Fromont Je désigne d’un geste les oiseaux.Ils glissent derrière la vitre,silencieux.Mes mains les imitent,je les accompagne dans leur reflet. Ce n’est qu’une imageoù flottent mes mains blanchesqui semblent détachées des manches.Leur vol remplit une partie de la chambreJe les suis du regard.. Pantomime où le corps s’animedans le cadre étroit de la fenêtre.Puis de plus en plus léger,volant à son tour, peut-être,démultiplié. Je … Continuer de lire Maintenant, on ne me voit plus – ( RC )

Dévêtue d’un temps trop lourd – ( RC )


peinture Gaston Bussière – ( l’anneau des Niebelungen)–la Révélation, Brünnhilde découvrant Siegmund et Sieglinde, 1894 En plongeant dans la rivièrepour aller chercher l’anneau d’orque tu avais perdu,j’ai trouvé la marque de tes mains.Elles avaient modelé les pierreslorsque tu t’es dévêtued’un temps trop lourd,avant de t’envolerlégèreau-dessus de la terrepour y rejoindre les constellationsdont même la scienceignorait l’existence…. Continuer de lire Dévêtue d’un temps trop lourd – ( RC )

Rafael Alberti – Laisse ton rêve


Laisse ton rêve.Enroule-toi, blanche et nue,dans ton drap. On t’attend làderrière les murs du jardin.  Tes parents meurent, endormis.Laisse ton rêve.Vite, allons, vite.Les murs franchis, on t’attend avec un couteau.  Repars chez toi, presse le pas.Laisse ton rêve.Vite, allons, vite.Dans la chambre de tes parentsentre, nue et blanche, en silence.  Cours vite, vite, jusqu’aux murs.Laisse ton rêve.Saute. Viens. Quel rubis flambe dans tes mainset brûle d’un … Continuer de lire Rafael Alberti – Laisse ton rêve

Pablo Neruda – Ode à la mer


Ici dans l’îlela meret quelle étendue!sort hors de soià chaque instant,en disant oui, en disant non,non et non et non,en disant oui, en bleu,en écume, en galop,en disant non, et non. Elle ne peut rester tranquille,je me nomme la mer, répète-t-elleen frappant une pierresans arriver à la convaincre,alorsavec sept langues vertesde sept chiens verts,de sept tigres verts,de sept mers vertes,elle la parcourt, l’embrasse,l’humidifieet elle se … Continuer de lire Pablo Neruda – Ode à la mer

Je me rappelle des brumes du nord – ( RC )


Je me rappelle des vents du Nord,de la sueur des hommes,des landes de Bretagnede la brumecernant les arbres de partout ,des légendesau pays de Brocéliandedu cri des hibouxet des bateaux fantômeséchoués sur la grèveparmi les méduses. Je me rappelle des cartes postalescouleur sépia,et de ces damesà haute coiffedes temps anciensqui gardaient aux creux de leurs mainsquelques brins de genêtsou de bruyère,pour des marins revenusle regard … Continuer de lire Je me rappelle des brumes du nord – ( RC )

Nohad Salameh -Ne t’attarde pas davantage –


  Ne t’attarde pas davantage : viens avant l’aube — Pâque précoceallonge-toi contre mes paupièresaux lisières de l’infini. Mes mains se font plus densesconfondues à tes doigts.Nous pénétrons nos propres limitesavec un toucher d’immortels. Repose-toisans laisser de blessuredans le lit du miroirqui s’échappe d’un bondau premier reflet. Surtoutgarde-toi de prendre la mesure de la morttant que vacille en nousle feu grégeois du désir.     Voir : Recours au poème … Continuer de lire Nohad Salameh -Ne t’attarde pas davantage –

Michel Foissier – un pressentiment rongé par la fuite du temps


avaler un sandwich un demi pression un cafélaver les pieds des morts avant le petit jourse coucher enfin parmi les débris de vaisselle saleparmi les pétales de fleurs fanées comme si la torture n’était qu’un mauvaisà passerun pressentiment rongé par la fuite du tempsune promenade à petits pas de laine grisesous les ponts la richesse se consomme à la va-viteles doigts des amourettes construisent des … Continuer de lire Michel Foissier – un pressentiment rongé par la fuite du temps

Thomas Vinau – Nos cheveux blanchiront avec nos yeux


Qu’est-ce que j’en fais moi de tout çà ? Des fils de laine dans sa petite main. Des murmuresquand tu t’endors. De la chaleur sur les crépis.Du givre blanc sur les pare-brise. Du brouillard quimonte doucement. De la montagne de linge sale. Du troud’argent de la pleine lune. Du pigeon déchiquetépar le chien. Du panache de l’écureuil. Des brindillesfraîches dans mes mains. De trois roses … Continuer de lire Thomas Vinau – Nos cheveux blanchiront avec nos yeux

un poisson au-dessus des dunes – ( RC )


Je me roule dans les mains de lune glisse dans l’océan des rêvesje suis un poisson qui s’envole au-dessus des dunes. Ta poitrine de sirèneblanche et ta chevelure brunesont celles d’une reineau regard limpide. Je vais planer, planer encore, puis je retomberaidans l’étendue liquidel’instant d’une petite mort. Ton corps d’or, en devenirconnaît les sentiers secretsdes ressacs du désir. Tu sais que l’on se noiedans le … Continuer de lire un poisson au-dessus des dunes – ( RC )

Kamel Abdou – le linceul de la résignation


Ils t’ont habillé du linceulDe la Résignation Et tu t’es souvenu du BarbuEt tu as hurlé « que la joie demeureque la joie demeure »qui m’empêchera de chanter tes yeuxet qui me fera oublier la chaleurde tes mains rugueuses qui s’étreignent ?Où est-il celui qui signait d’un Soleil ? Mère j’ai égrené les pustules de la RévolteJ’ai craché dans les gueulesBéantes des cellulesJ’ai lu Hikmet … Continuer de lire Kamel Abdou – le linceul de la résignation

Robert Juarroz – un morceau de rêve entre les mains


Je me suis réveillé,un morceau de rêve entre les mains,et n’ai su que faire de lui.J’ai cherché alors un morceau de veillepour habiller le morceau de rêve,mais il n’était plus là.J’ai maintenantun morceau de veille entre les mainset ne sais que faire de lui.À moins de trouver d’autres mainsqui puissent entrer avec lui dans le rêve. in Roberto Juarroz/ Poésie verticale Continuer de lire Robert Juarroz – un morceau de rêve entre les mains

Maria Geovani Silva Pires – aubes profondes


tentative de traduction de cette auteure brésilienne Maria Geovani Silva Pires Dans les aubes profondesJe suis rempli d’amour pour l’infiniet c’est seulement maintenant que je comprends …que mes mains ont été modelées pour te contenir,apportant deux bols pleins et moelleux …qu’ils tiennent tremblants,et se soulèvent mes lèvres assoiffées …Ils servent mon anxiétéet mes espérances,comme un vin de douceur ,délices aux saveurs indescriptibles,que mes lèvres sirotententre … Continuer de lire Maria Geovani Silva Pires – aubes profondes

Poèmes du Gevaudan -III (Susanne Dereve)


  Le rideau d’ombre et de lumière des feuillages Vent le vent sur la peau nue Herbe l’herbe sur la peau nue sèche brûlée ployant sous le poids d’un insecte égaré   Mains glissant sur la peau nue Jeu des mains égarées de mon visage contre le tien enfoui   niché  dans l’obscure tendresse de l’étreinte   N’efface pas les bruits celui de nos respirations mêlées … Continuer de lire Poèmes du Gevaudan -III (Susanne Dereve)

Ce que n’ont pas vu les oiseaux …SD+RC


– Entre tilleul et cerisier,J’ouvre une parenthèse:mains, peau, émois, éveil, …. Quelques éclats de soleilnous caressent à notre insu. Ce que les oiseaux ont vu,je ne le dirai pas… Dirai-je ce qu’ils n’ont pas vu :la valse tendre de nos doigtsdans l’ombre du feuillage,les étoffes froissées, dansant,ton corps léger , flottant dans l’air, sous la lumière complice,baignant le couvert de petites parcelles d’orque tu n’as … Continuer de lire Ce que n’ont pas vu les oiseaux …SD+RC