Face obscure, galbe d’une tête ronde – ( RC )


peinture Tina Berning Diary 01/11/17  Face obscure ,galbe d’une tête ronde:ce n’est pas la luneaprès la nuit les notes aigües sur la terrene donnent pas de blésau jour jalouxle sourcil répété à l’envi et le baiser gelé de l’hiveraura la bouche ferméedouble aspect du visageinstallé sur fond cerise avec une neige précoceun crépuscule de papiers collésrassemblés par hasardsoulignés de traits noirs l’aube de ton regardet … Continuer de lire Face obscure, galbe d’une tête ronde – ( RC )

Paul Morand – Etrennes


Lire les visages et les mains,consulter les vêtements,surveiller l’usure des semelles,classer les tachesse fier aux initiales des chapeaux. INDÉPENDANT Je suis furieux de mon sommeil,je n’admets pas de syncopes,je ne suis pas doué pour le délire. IMPERMÉABLE Mais on ne lit jamaisqu’une même fortuneet qu’une même brûlante fatigueaux constellations obscures qui montentet tombentdans ce ciel rose et clos des paupières. INEVITABLE Faute de mémoireje n’ai … Continuer de lire Paul Morand – Etrennes

L’endormi dans sa gangue de pierre – ( RC )


sculpture Jaume Plensa ‘nest’ Il a encore le visage lissece petit être découvertencore endormipour un temps indéfini,serein, à l’abri de la pierre, modelé délicatdes oreilles aux paupièresjuste un enfantau visage purdans le gemme de la matièredont on ne voit que la tête: allégorie de la naissanceà la parole muetteet pourtant si présentignorant les bruits de la terreà même la roche dure si l’on penseà ce … Continuer de lire L’endormi dans sa gangue de pierre – ( RC )

Michel Hubert – toi l’esprit dans la lampe flétrie


peinture : Patrick Lee Toi l’espritdans la lampe flétrie tu es seulavec ton masque d’ombresces nappes sur le ventcomme sur mon visage mort Je parle d’impatienter un feuet mes mains restent froidesrigides peignes de nacresur la frange plate des soleils noirs où couche l’ombre creuse l’usurevieux traits d’un visage pas autrementqu’à la rage des griffes ou au couteaucreuse le plus vieux puitsqu’un homme qui se … Continuer de lire Michel Hubert – toi l’esprit dans la lampe flétrie

la dernière leçon de musique avant le concert – ( RC )


peinture Jan Steen – la leçon de flûte Une scène traversée par la lumière,toute la concentration nécessaireune mélodie s’élève claire –elle résonne dans la pièce sombre. Couleur intense d’un habit de velours aux bordures blanches :le maître de musique en partie dans l’ombreattentif à la moindre nuancepoursuit sans impatience son coursen partageant son art on ne s’improvise pas comme flûtiste… on imagine dans une autre pièce … Continuer de lire la dernière leçon de musique avant le concert – ( RC )

Alain Paire – Mantegna et la mort de la Vierge


.. J’ai souvent regardé La Mort de la Vierge,les grandes palmes sombres de l’Ange de Mantegna,l’écume d’un chemin nacré parmi les eaux de la lagune. Peut-être n’était-ce pas ce tableau que je contemplais.Mais plutôt, dissipant lentement les ombres du labyrinthe,sans envers ni lointains, sans même l’espace d’une voix ,le miroir de l’absente qui appelle encore, qui revient près de nous. Et toujours les mêmes signes … Continuer de lire Alain Paire – Mantegna et la mort de la Vierge

Bernard Noël – dis moi qui


dis-moi quime dira ce qu’il faut fairede toute cette vie réduite à une foiset le temps aura la douceur d’un vieux lingemalgré la gâchette et le dernier baiserpuis il ne sera plus jamais trop tardqu’attendions-nous un nuage est passéle temps futur est devenu le présenttu as dit ma conscience n’a pas bougéet j’ai vu ton visage être cette pierredont j’aurais voulu faire ma maisonoù mettrons-nous … Continuer de lire Bernard Noël – dis moi qui

Norbert Paganelli – ici et là


peinture Keith Vaughan – la maison près du lac 1955 Ici et là Nous pourrions être vers là basÀ franchir sentiers et bosquetsÀ mettre les pieds dans la boueMais nous restons ici Chaque route chaque pasEst pour nous un abysseEt nous avons peur de cet abysse si proche C’est ainsi que nous prenons un autre visageUn visage éduquéQui nous ordonne de nous taireLorsque partent  les … Continuer de lire Norbert Paganelli – ici et là

À celui qui sait attendre – ( RC )


photographe non identifié À celui qui sait attendreles mains ne saisissent pas les nuagespas plus que les arbres et les broussailles:il ne faut rien prendrequand les heures se prélassent. On se fond dans le paysage,on aperçoit ce qu’on ne devrait pas voirce corps sans auxiliaireque l’on cherche dans une surface plane les jambes en jeune boisjuste à l’orée du lac,ou là où commence la merses … Continuer de lire À celui qui sait attendre – ( RC )

Gustave Roud – mais je ne veux que mon silence


photo S Hantaï – toile peinte détendue – mais je ne veux que mon silence, le même cercle de pensées dévorantes, mon pas toujours seul sur toutes les routes et qu’un soir je meure aboyé par les chiens de village, sans qu’on ait voulu répondre à mon seul bonsoir, et parce qu’il est mortel de faire de sa vie un immense miroir de toute vie … Continuer de lire Gustave Roud – mais je ne veux que mon silence

Toutes les pierres et leur visage – ( RC )


Toutes les pierres et leur visage,le secret enfermé dans la matièrestatues figées de calcaire,plateaux basculés de ventabîmes et pas de géants… la montagne encore m’attend….sa façade altièreoù ne s’ouvrent les portesqu’avec la force telluriquemoi qui ne connais pas encorela formule magique. Le dédale des grottesne se résume pas à un « Sésame ».Il s’agrandit sous nous piedsLa lumière s’y enterredans les galeries de l’âme. Quelques animaux hantentles … Continuer de lire Toutes les pierres et leur visage – ( RC )

Blanca Varela – Puerto Supe


L été ramène ce qui est perdu,le monde est cette rue de feuoù toutes les roses tombent et renaissent,où deux corps se consumentenlacés à jamais au cœur noir de l’été. Dans un coin du jardinsous une pierre l’été chante.Au cœur noir,au point aveugle et blanc,où toutes les roses tombent,c’est là que flotte ton visage,fantôme,terrible à midi. Continuer de lire Blanca Varela – Puerto Supe

La chambre de l’esprit est au bout du couloir – ( RC )


La chambre de l’espritest au bout du couloir,elle est peuplée d’ombrescar les fenêtresne sont ouvertesque sur la nuit. Seuls , des tableaux anciensque de faibles lueursencore éclairentse penchent sur ton lit.Il semblent que leurs bras s’allongentquand l’effroi t’immobilise. C’est le ballet des monstresqui t’entourentse détachant de leur fond sombre.La distance ne se mesure plusqu’avec ta frayeursuintant du plafond. L’esprit se cogne aux vieilles peintures,mais ne … Continuer de lire La chambre de l’esprit est au bout du couloir – ( RC )

Claude Saguet – terre vaste cri


peintre non identifié dans l’esprit d’ E Nolde Terre, vaste cri,j’ai creusé toutes les prophéties,écumé toutes les légendeset ce chant inaudible doucement retrouvé,je m’éloigne en gerçures du port de mes attaches.Finie la hache de sel vrillée dans le soleil,la blessure clignotante hurlée comme un défi.Ici je me termine.Et parce que mon nom est plus tranchant qu’unevagueme voilà, dessin d’autres flammes,décrété hors-la-loi partout où je te … Continuer de lire Claude Saguet – terre vaste cri

Marcello Comitini – la promenade


    peinture Marc Chagall- les amoureux 1914 ( collection particulière ) Je me suis promené dans les sentiersd’un champ inconnuilluminé par les fleurs et par les yeuxlimpides des fillesqui brillent malicieuses de loinet dansent sous le soleildéplaçant lentement les hanches comme les flancsd’un puma.Elles voudraient que je coure dans leurs bras.Elles aimeraient me toucherpour savoir sans aucun doutesi je suis en vie et si je sais sourire. Mais je ne sais … Continuer de lire Marcello Comitini – la promenade

Blanca Varela – au cœur noir de l’été


photo Maiofiss L’eau de ton visagedans un coin du jardin,le plus sombre de l’été,chante comme la lune. Fantôme.Terrible à midi.À la hauteur des lysla mort souritSur une très petite flaque,œil de dieu,un insecte flotte sur le dos.Le miel siffle dans son ventreouvert au doigt de la chaleur. Tout chante à la hauteur de ton visagesuspendu comme une lumière étemelleentre la nuit et la nuit. Le … Continuer de lire Blanca Varela – au cœur noir de l’été

Alfonso Carreno – l’éphémère


 photo Guy LeQuerrec 1973 Ce que cherche ma bouchec’est la saveur humaine,le frémissement des heures,le mouvement de l’âme.Sur un corps je touche des sièclesj’enlace le temps sensible à la taille,je mords la souffrance de l’histoire.J’embrasse et ne retiens pasla jouissance éphémère de la fuitequi sourit sur un visage. du recueil « l’envers de l’enfance » Continuer de lire Alfonso Carreno – l’éphémère

Saisir l’ombre – ( RC )


Qui ira danser avec les ombres,ne verra que la sienne,qui la suivra pas à pas… Qui prendra l’ombre avec soine dansera dans son corpsqu’avec le froid. Qui prendra l’ombre en soine contredira pas cellesau-delà du fleuve d’où on ne revient pas. Qui en suivra les ombresen franchissant le fleuveconnaîtra l’effroi. Car les ombres réclament leur dû:elles se sont séparées des corpsà jamais disparus renaître à … Continuer de lire Saisir l’ombre – ( RC )

Distribution des lignes de lumière – ( RC )


Qu’importent les faux semblants.Les persiennes ne font que distribuerdes lignes de lumière. Elles strient le soleiltempérées au besoin par un nuage. Ces lignes ne restent pas immobiles.Elles dessinent le relief ,suivent les caprices des objets,s’emparent des verticales, s’étalent sur le solmieux que ne saurait le faireun dessinateur. Tout cela est involontaireet ne reste pas immobile. Sur ton corps endormi,c’est une marque tigréequi bouge avec la … Continuer de lire Distribution des lignes de lumière – ( RC )

Tristan Derème – Un visage, une phrase…


( dédié à Francis Carco )   photo Claudia Cardinale dans 8 &/2 de F Fellini Un visage, une phrase, un merle, ce fruit d’ifJaune, j’ai tout aimé d’un amour maladif.Car en tout je trouvais la marque du mystèreUniversel ; et sous les branches, solitaireDans l’herbe et la chaleur que de fois j’ai comptéLes anneaux éclatants des guêpes de l’été.L’ombre émouvante est dans les choses minusculesEt je me tais pour … Continuer de lire Tristan Derème – Un visage, une phrase…

Martine Cros – dans la splendeur


   peinture John Henry Twachtman Dans la splendeurqui n’a plus forme humainefroide et nuedans les paumes qui implorentleur tissu de beauté,écrire Sous les paupières closesoù se meurt le visagederrière le train au loinle visage du trainPoint de vue sans s’effacer jamais,aimer Sous le grain de papierce point de non retouroù à perte de souffle l’oubli posele poème Dessus s’érigent les barricadestrop de motsficelés trop serrés pas assezbientôt … Continuer de lire Martine Cros – dans la splendeur

Mahtab Ghorbani – la mélodie


Je ne t’adore plusni ne te cherche ni verse impatiemment des larmesen pensant à notre séparationni te demande de revenir vers moi. Je te trouvai à la veille de ma maturité de femmeet je te rendis immorteldans la découverte d’un instant de mon existenceet dans ta traversée de mon cœur passionné. Je te trouvai au milieu de la clameurd’un après-midi d’étéet dans le mutisme des … Continuer de lire Mahtab Ghorbani – la mélodie

Ai-je besoin de sujet de poésie ? – ( RC )


photo RC – Vietnam Le visage du matinse penche sur moi. La lumière revenuea repoussé la nuit . Je suis au bord de l’étang.Des oiseaux inconnus poussent leur chant. Au dessus de l’eause déploient les fleurs de lotus. Ai je besoin de sujet de poésie ? La poésie a les feuilles largessur lesquelles il n’est nul besoin d’écrire : elle est la nature du paysageque … Continuer de lire Ai-je besoin de sujet de poésie ? – ( RC )

Lespugue – une Vénus parmi nous – ( RC )


Fragile et endormie,peau d’ivoire lisse,à quelle magie as tu présidé,toi la veilleuse d’ambreaux amples formes ,qui a confié tes secretsaux ombres des visagesqui t’ont vénérée ? Dix mille ans ou davantagenous séparentdu destin de ceux qui t’ont tenue,de ceux qui t’ont sculptée:tu as la patiencede ceux qu’on aimeau-delà de l’épidermeet garde silence… Jusqu’où ira- t-on chercherla nuit infiniequi se dépose en stratesdans l’obscur abri de … Continuer de lire Lespugue – une Vénus parmi nous – ( RC )

L’obscur bruit des armes – (Susanne Derève) –


; Arc-en-ciel qu’estompe peu à peu le retour de l’averse,tel un visage enseveli. Le tien, pas un jour n’a terni sous la brisuredes tombes,attentif et paisible ,un paysage aimé dans sa livrée d’automne,sa douce peau de printemps, où chaque chose chèrement conquiseavait trouvé sa place :le mimosa d’hiver et les lilas de Mai,l’arche du pont enjambant la rivière,et la rivière dans ses méandresléchant le flanc … Continuer de lire L’obscur bruit des armes – (Susanne Derève) –

Erick Gaussens – René Chabrière – « romantiques 5 « 


Photo :  B. Monginoux /  www.photo-paysage.com (cc by-nc-nd)  » à genoux devant ton icône » Chemins de toutes les traces,les miroirs de la villerécitent l’alphabet aux carrefoursde la passion.Cette ville ne rêvait de ses néonsque pour rire à gorge déployée :de désir-nylon encombré de rosesous le couvercle obscur de la nuit.Bien sûr les étincelles se sont emparées des yeux,mais plus éphémères que la musique et le sanglui qui circule … Continuer de lire Erick Gaussens – René Chabrière – « romantiques 5 « 

Marcel Migozzi – jardin ouvrier


30 juillet – Je vois ton jardin ouvrier, tes outils(ai-je hérité de leur patience ou de leur tranchant ?)Dans cette lumière délabrée des soirs non loindu port de guerre, sur 20 m2.La gravité de ton visage me troublaitQuand tu ouvrais pour les tomates devant moiDes rayons à fumer d’origine terrestre,Ou me soulevais dans tes mains d’altiplanosPour m’éloigner du puits sans margelle, autrefois. Souvent je passe … Continuer de lire Marcel Migozzi – jardin ouvrier

Alda Merini – dans les ombres du sommeil


gravure Gustave Doré ( de l’enfer de Dante ) Tu es entrée dans les ombres du sommeilun jouret tu y as reconnu mon visage exsanguealigné aux autres sur l’aire du sacrifice.avec la torche de ton savoir. Tu as éclairé les ombres de l’enfer.toi, mère immaculée et tristepour qui les jours ont étécomme autant de fils. Continuer de lire Alda Merini – dans les ombres du sommeil

Trop lourd, pour que je reste debout, à la surface du monde – ( RC )


gravure sur bois Lynd Ward Le poids de ma tête est trop lourdpour que je reste debout,à la surface du monde.Je le creuse avec les dents,la face contre terre,et il m’arrive de trouver,quand je dévisse un membre,mon double, sculpté dans le bois,par ces racines revêches,qui ont fini par absorber mon sang. C’est ainsi que ma vue s’est brouillée,sans doute à cause de la poussière,qui, elle … Continuer de lire Trop lourd, pour que je reste debout, à la surface du monde – ( RC )

Antonio Gamoneda – Je parle avec ma mère


photo Jock ( flickr) Maman : tu es maintenant silencieusecomme l’habit de qui nous a quittés.Je fixe le bord blanc de tes paupièreset je ne peux penser. Maman : je veux tout oublierau fond d’une respiration qui chante.Passe-moi tes grandes mains sur la nuquetous les jours pour quene revienne pasla solitude. Je sais que sur chaque visageon voit le monde. Ne va plus chercher sur … Continuer de lire Antonio Gamoneda – Je parle avec ma mère

Kae Tempest – Ballade pour un heros – ( War music )


peinture M Gromaire Ton papa est soldat, mon petitTon papa est parti à la guerre,Ses mains fermes tiennent son arme,Il vise précis et sûr..Ton papa est dans le désert maintenant,L’obscurité et la poussière,Il se bat pour son pays, oui,Il le fait pour nous..Mais ton papa va bientôt rentrer à la maison,Dans pas longtemps il sera là,Je te mettrai ta plus belle chemisePour aller le chercher … Continuer de lire Kae Tempest – Ballade pour un heros – ( War music )

Pierre Seghers – entre les mailles des buissons


photographe non identifié Entre les mailles des buissonsPris à la nasse d’eau des sourcesIl vécut dans la fosse aux ours. O le temps des maisons du ventIl a campé sur l’océanIl a mangé le pain des vagues,Il but l’hiver avec l’été Le chien de peur à son côtéLe ciel a rongé son visage.Tous les paluds ont la vérole Il eût fallu tant de parolePour proclamer … Continuer de lire Pierre Seghers – entre les mailles des buissons

Un Janus en état de marche – ( RC )


Janus                              ( sculpture  de Max Ernst )      – Janus est là, qui nous regardede ses yeux ronds.On ne saura jamaissi le double de son visageapparaît derrière son dos.Son corps de rectanglea plutôt l’aspectd’une planche à découper.Incrustées à la verticaledeux coquilles Saint-Jacquespour le voyage initiatiquequi l’emmèneraplus loin qu’on ne le pense,( … Continuer de lire Un Janus en état de marche – ( RC )

Nous n’avons pas affaire à une statue, dont la bouche reste muette – ( RC )


Quel fruit se sépare,d’un traitoù la largeur de l’infinia peu de chancede rentrer ? La bouche est entr’ouverte,sur les falaises brillantesde l’émail des dents.La soif des motsse repose un instant,de la parole… Il se peut qu’on s’égaredans les phrases,quand aucun voilene dissimule le visage.Nous avons dépasséles vertiges de la censure… Est-ce l’ombre de la véritéqui s’exprimedans la colère ou le sourire ?Nous n’avons pas affaireà … Continuer de lire Nous n’avons pas affaire à une statue, dont la bouche reste muette – ( RC )

Claire Ceira – entre silence et ténèbres


La nuit hésitaitentre silenceet ténèbres. J’oscillaisentre cœuret esprit. La solitude étaitlisse comme une plume. Le passésemblait une bien obscureénigme. Il fallait saisirle présentdu bout du stylo. On pouvait écriretout et son contrairesans jamaisêtre dans le vrai. A cette heure-làla nuitfaisait miroir. Je regardaismon visage par la fenêtre. *extrait de livret Polder n°163, édité par Gros Textes Continuer de lire Claire Ceira – entre silence et ténèbres

Abdallah Zrika – ivresse de l’effacement 3


L’amertume ne vientqu’après la soie d’une blancheuret l’or d’une main La lamentation quand elle s’élèvene se guérit pas par l’ivressed’un œil et la bougie d’un front Tu montes les échelles d’un visageet tu tombes dans le fondd’un poème Tu montes l’arbre de l’énoncéet tu dors sous l’oranged’une poitrine Mais que doit-il rester de toipour que quelque chose reste de toi ? Les conteurs eux-mêmes fuientta … Continuer de lire Abdallah Zrika – ivresse de l’effacement 3