Miguel Veyrat – Quand je n’aurai plus d’ombre


    Miguel Veyrat aime nous faire partager  ses textes, dans  sa  « poésie  sans frontière » On peut  retrouver plusieurs  ouvrages  édités  en langue espagnole, par exemple « Poniente » …  il diffuse  également   ses écrits sous  forme  de pdf en plusieurs langues  dont  est extrait ce poème ci-dessous   voila  l’un d’eux   Quand je n’aurai plus d’ombre et que s’envolera vers le nord mon génie —parmi … Continuer de lire Miguel Veyrat – Quand je n’aurai plus d’ombre

Romain Verger- Ascension


Romain Verger,  à l’écriture foisonnante, est l’auteur  de « Grande Ourse »,  et plus récemment  « Forêts noires »,  que je recommanderai pour la richesse de la langue  et des images… De ses parutions  « feuilleton »  de ses sept collines C’est arrivé. D’un coup, sans douleur. Comme une dent morte extirpée d’une gencive blette. À chaque pas, la membrane gluante qui nous enveloppe se lézarde au coude et au genou, … Continuer de lire Romain Verger- Ascension

l’année dernière à Marienbad (RC)


« l’année dernière à Marienbad »   ( souvenir du film d’A Resnais )   — Quand je repasse le film sur l’écran C’est le retour, pas pour longtemps Des acteurs et parcours typiques Reproduisant une danse à l’identique De l’année dernière                 à Marienbad Compassée, solennelle , mais un peu fade Au jardin à la française aux allées symétriques Qui n’a rien , des Alyscamps de l’Arles antique L’homme … Continuer de lire l’année dernière à Marienbad (RC)

Edmond Jabès – Chanson de l’étranger


– Je suis à la recherche d’un homme que je ne connais pas, qui jamais ne fut tant moi-même que depuis que je le cherche. A-t-il mes yeux, mes mains et toutes ces pensées pareilles aux épaves de ce temps? Saison des mille naufrages, la mer cesse d’être la mer, devenue l’eau glacée des tombes. Mais, plus loin, qui sait plus loin ? Une fillette … Continuer de lire Edmond Jabès – Chanson de l’étranger

Anna Akhmatova – tromperie


  TROMPERIE 1 Printemps. Le matin est ivre de soleil, Plus net le parfum des roses sur la terrasse, Le ciel a plus d’éclat qu’une faïence bleue. Le cahier est relié en maroquin très souple, J’y lis des stances et des élégies, Qui furent écrites pour ma grand-mère. Je vois le chemin jusqu’à la grille, les bornes Se détachent en blanc sur l’émeraude du gazon. … Continuer de lire Anna Akhmatova – tromperie

Ahmed Mehaoudi – dire aux choses qui passent


dire aux choses qui passent…   – te seras dans ses bras tant de berceuses moisies mais qu’hiver ou automne essuient les larmes  c’était jadis que tu pleurais jadis quand c’était de belles défaites de coeur   tu seras dans ses  bras ce que ne dis plus le temps ni de ces rouges maisons où sifflait le merle ni encore le blanc rossignol levé tôt à … Continuer de lire Ahmed Mehaoudi – dire aux choses qui passent

Hope there’ll been someone. (RC)


– En espérant qu’il y aura quelqu’un …(   Hope there’ll been someone..) (d’après le titre éponyme  de « Anthony & the Johnsons) — Où poser ma tête, avec ce fantôme à l’horizon de mes jours ? Comment pourrais-je dormir encore et suivre la nuit ? Dans ce no man’s land, de l’étendue nocturne Survivre aussi, entre la lumière et le vide Je ne veux pas être celui … Continuer de lire Hope there’ll been someone. (RC)

Sylvia Plath – lettre d’amour (1960)


  –   Lettre d’amour (1960)   Pas facile de formuler le changement que tu as fait en moi. Si je suis en vie maintenant, j’étais alors morte, Bien que, comme une pierre, indifférente totalement, je restais là immobile suivant mon habitude. Tu ne m’as pas seulement bougée d’un pouce, non – Ni même laissé ajuster mon petit Œil nu A nouveau vers le ciel, … Continuer de lire Sylvia Plath – lettre d’amour (1960)

Fin d’hiver à Valensole (RC)


plateau de Valensole, lavandes en hiver photo Thierry WeBer- Partis de montées raides, en vallons  tièdes Une légion de points,           se succèdent Alignés en portées     –        courbes musicales D’accord gris-tendre  de  boules végétales – Lignes striant          la terre de Provence Rythme et tonalités douces,   naissance, D’un parfum rampant , au mistral, la légende De nets horizons , aux … Continuer de lire Fin d’hiver à Valensole (RC)

Jean Senac – Quelqu’un


        –   Quelqu’un Le bruit des pages tournées… Non, c’est un rêve. Entre deux portes l’air… Non (reprends ta lecture). Cette paille qui tremble sous le toît… Rentre tes mains. Réchauffe-les. Ce bruit… C’est un réveil. Cet autre… Le cheval. La nuit coule, froide, blanche, entre l’oreille et le coeur. Jean Senac 13 décembre 1960   – Continuer de lire Jean Senac – Quelqu’un

Ahmed Mehaoudi – Où ira le soir ?


Ahmed Mehaoudi, poète algérien – dont  j‘avais déjà publié  » A ce désert », est l’auteur  d’autres  productions  intéressantes  qu’il nous donne à lire  et dont je fais l’écho ici  de  son « où ira le soir »   —   où ira ce soir d’avoir si peu appris à comprendre les départs de ces nids autrefois silencieux à la saison de paix si peu vu dans le … Continuer de lire Ahmed Mehaoudi – Où ira le soir ?

Paul Celan : Cologne (adaptation de) – Ahmed Bengriche


A visiter ce site foisonnant de textes, d’auteurs  très intéressants  dont Ahmed Bengriche  se fait l’écho,  ainsi  que des adaptations personnelles, dont  voici l’une  d’entre  elle  prise  « au hasard », mais j’y ai tout de suite perçu une  sensibilité  de haute volée… Cologne   Temps du cœur, ils sont debout les rêvés pour les chiffres de minuit.   un peu parla dans le silence immobile, un … Continuer de lire Paul Celan : Cologne (adaptation de) – Ahmed Bengriche

Inconstance, jongleuse de lune (RC)


  – L’art, dans l’imaginaire,  nous transporte  toujours Et même  crée devant nos yeux l’image de la pensée C’est un paradis, un enfer, ou , des âmes , la pesée Les dieux en combat, les allégories  et amours Au pays de muses, j’aime  voyager, en bonne fortune Dans les  peintures,                   d’espaces  translucides A sortir de son mouchoir,              lapin, ou bien lune Jouer avec les symboles, … Continuer de lire Inconstance, jongleuse de lune (RC)

Une fontaine close, une source scellée (RC)


une fontaine close, une source scellée En rapprochement avec une musique de Tristan Murail, musicien auteur de pièces électro-acoustiques, et auteur d’une composition qui porte ce titre, exactement: C’est un jardin secret, ma soeur, ma fiancée, une source scellée, une fontaine close…  ____ (  et pour  ceux qu’il intéresserait d’aller  chercher  plus loin,  cela provient  des  « cantique des cantiques dont la citation exacte est: le … Continuer de lire Une fontaine close, une source scellée (RC)

Antonio Gamoneda – Il existait tes mains


  Il existait tes mains. Un jour le monde devint silencieux ; les arbres, là-haut, étaient profonds et majestueux, et nous sentions sous notre peau le mouvement de la terre. Tes mains furent douces dans les miennes et j’ai senti en même temps la gravité et la lumière, et que tu vivais dans mon cœur. Tout était vérité sous les arbres, tout était vérité. Je … Continuer de lire Antonio Gamoneda – Il existait tes mains

hors des plis de la canicule (RC)


    Aujourd’hui, acculés au présent de ces mots, la lumière est la mémoire du dehors.   Il y aurait, parait-il, une porte secrète que j’ai créée pour établir un chemin permettant de goûter, même sur terre, à l’élixir d’immortalité , hors des plis de la canicule,   Porte entr’ouverte  sur les verités tues , d’amour, Convocation de la grande prêtresse, à l’évocation des sens. … Continuer de lire hors des plis de la canicule (RC)

Guy Goffette – Avant que la mort vienne


 – Avant que la mort vienne, écrire encore un poème soigné, avec de l’herbe toute nue, un morceau de ciel bleu et des fleurs et des oiseaux pour que ça bouge . Que rien ne pleure, surtout pas de pluie grise, mais des femmes légères et qui agitent leurs jambes font rouler leurs lèvres rouges sur des mots ronds qui fondent car tout va s’effacer … Continuer de lire Guy Goffette – Avant que la mort vienne

Jean-Baptiste Tati-Loutard – la vie poétique


  –   deux  extraits  de la « vie poétique »,  de Jean-Baptiste Tati-Loutard , (auteur congolais)   provenant de  (L’envers du soleil, Paris, L’Harmattan, 1978, p. 63-67)   XX Ce que l’homme dit en poésie lui paraît aussi évident que ce qu’il dit en prose ; la poésie tire avantage du heurt de ces deux évidences. XXVII La poésie ressemble à la mort : elle vous atteint … Continuer de lire Jean-Baptiste Tati-Loutard – la vie poétique

Chantier fossile ( RC)


Dans la lumière ruisselante, Le vent d’un royaume de lumière Filtre au creux du vallon Et des pépites de joie scintillent Entre les barques, et la chevelure des saules Caressant le printemps du courant Lilas et espèces légères, s’entrecroisent De joyeuse croissance, sans peine, sont parvenus A masquer les panneaux du chantier, laissé au silence Les engins immobiles, leurs griffes de fer déposées au sol … Continuer de lire Chantier fossile ( RC)

Jean Sénac – chardon de douleur


– Au fond de chaque amour des cancrelats sommeillent. Sont-ce des cancrelats, mon coeur, ou des abeilles ? Et lentement, tandis qu’en amande les yeux S’éternisent, dans le désir, le bruit soigneux De la noire légion dévore nos oreilles. Rien n’y fait, nos soupirs ni nos gémissements Ni le lin délirant dont nous vêtons nos contes, Rien, et quand la beauté nous attache et nous … Continuer de lire Jean Sénac – chardon de douleur

Emile Nelligan – aube aux monts de sang


Un poème  très  « coloré »  de cet auteur québécois —     L’aube éclabousse les monts de sang Tout drapés de fine brume, Et l’on entend meugler frémissant Un boeuf au naseau qui fume. Voici l’heure de la boucherie. Le tenant par son licol, Les gars pour la prochaine tuerie Ont mis le mouchoir au col. La hache s’abat avec tel han, Qu’ils pausent contre habitude. … Continuer de lire Emile Nelligan – aube aux monts de sang

Edith de Cornulier – Deltaplane


– le rêve  d’Icare -… Deltaplane à Siobhan H. Ne plus jamais poser mes deux pieds sur la terre. Ni herbe, ni béton, je veux mourir dans l’air. Rêver, voler, nager dans le nuage bleu Et les nuages blancs – enfin vous dire adieu. Dans le champ de foin jaune à côté de la route, Ma splendide auto rouge halète au soleil d’août. Je me … Continuer de lire Edith de Cornulier – Deltaplane

le bois des mots ( RC)


une  réponse  à   « De quel bois  sont faits les mots »     –   Si les  mots  se refusent          à lui Lesquels  ne coulent plus  de source C’est dire  aussi,          le reflux, celui De l’inspiration  arrêtant sa course Des idées  ,      qui n’ont plus de sens Le texte en dérive, partant à vau-l’eau Ne résonne plus  … Continuer de lire le bois des mots ( RC)

Eugenio de Andrade – Ni rossignol, ni alouette


      – Tu appuies ton visage sur la mélancolie et tu n’entends même pas le rossignol. Ou est-ce l’alouette ? Tu peux à peine supporter l’air, partagé entre la fidélité que tu dois à la terre de ta mère et au bleu presque blanc où l’oiseau se perd. La musique, donnons-lui ce nom, a toujours été ta blessure, mais aussi au milieu des … Continuer de lire Eugenio de Andrade – Ni rossignol, ni alouette

Extérieur vertical (RC)


– En chaleur  d’été, le vent soulevant les bâches des marchands  de la plage, … – claquements sporadiques, Petits tourbillons de sable Son cri est celui de l’enfant résonnant depuis l’autre monde et ses  lèvres sont froides portant  l’alliance.     du manque Le manque est d’une étreinte étouffante, et elle , une magicienne d’un autre temps. Quand  tout est vivant alentours, Mais toujours seule, les bras … Continuer de lire Extérieur vertical (RC)

René Char – Le parc des Névons


—     Dans le parc des Névons Ceinturé de prairies Un ruisseau sans talus, Un enfant sans ami Nuancent leur tristesse Et vivent mieux ainsi Dans le parc des Névons Un rebelle s’est joint Au ruisseau, à l’enfant, A leur mirage enfin. Dans le parc des Névons Mortel serait l’été Sans la voix d’un grillon Qui, par instant se tait. – Continuer de lire René Char – Le parc des Névons

Dessin – enfances d’écriture (RC)


– L’enfance du dessin ,          – et l’écriture est un parcours, , vagabonde, Figures  et boucles, calligraphie orientée Plaines et déliées… La plume indique son chemin à l’encre, portée par le geste.. Et sur la page vierge, les signes qui s’y déposent Son autant de traces  d’intentions, qui attendent. Attendent, l’attention du lecteur Cy Twombly   –  Apollon Celui qui écrit  est un homme perdu dans … Continuer de lire Dessin – enfances d’écriture (RC)

Georges le Gloupier – Ode à l’attentat (patissier)


      – ODE À L’ATTENTAT PATISSIER de Georges le Gloupier   (de la satire en poèmes;  justement adapté  aux  changements  « politiques »), d’actualités   — Il paraît que, c’est sûr, le ridicule tue. Tuons donc sans pitié, du premier au dernier, Les emmerdeurs fliqueux, les gagneurs de deniers, les intellos foireux aux théories obtuses. Tuons sans plus tarder les sales moucherons Qui voudraient de … Continuer de lire Georges le Gloupier – Ode à l’attentat (patissier)

Ombres contrevents – silence en demi-teinte


C’est  du blog  d’Adeline,  dont, je crois  que c’estla première fois  que je transmets  son écriture…  (visible  sur  ombres contrevents) ici avec Silence en demi-teinte           –   J’entendais ses regards. et je fermais les yeux pour mieux enfermer  sa présence   J’entendais sa tristesse et je le regardais pour parler fort et en silence pour dire de rien le reflet … Continuer de lire Ombres contrevents – silence en demi-teinte

Alain Borne – un visage, une présence


– Ceci n’est pas un rêve ni du sommeil ni de la veille ni de la nuit ni du jour. Ceci n’est pas un fantôme ni le délire d’une pensée ni le visage d’un désir. Ceci n’est pas une absence forgée d’espoir ni un espoir travaillé de sang. Ceci n’est qu’un visage Lislei une présence un corps fait sur le plan de tous les corps … Continuer de lire Alain Borne – un visage, une présence

Lac Tengrela ( RC)


Des ombres grasses, entrent en mouvement,  suspendues, parmi les chaînes de roseaux , fibres, racines, et la vase douce. Les nénuphars s’étalent  d’ éclats circulaires A peine visibles flirtant avec la surface, Comme des phylactères de soir Prêt au silence de la nuit Et au  parfum de l’amertume – mélancoliquement. L’or du soleil est loin , et les barques  silencieuses Glissent  sur le mystère aux … Continuer de lire Lac Tengrela ( RC)

Pierre Etienne – signes sur l’eau


      Si du bout de mes doigts je trace des signes sur l’eau les mots traversent l’étang reliant l’une à l’autre rive Là-bas nul récipiendaire ne recevra le message les carpes m’ont assuré du silence des secrets Les arbres captent des reflets telle l’image mal réglée d’un téléviseur folâtre Avant de connaître l’étang j’ignorais que tant d’avions détruisent le calme du ciel Pierre … Continuer de lire Pierre Etienne – signes sur l’eau

Annie Lautner – Qu’on me donne


  on peut lire  beaucoup de compositions  de Annie Lautner  sur  le site  de Mohammed Rafiq-   ————– Qu’on me donne des mots Pour prolonger le rêve Au-delà de la nuit Pour qu’au bout de mon encre Eclosent les syllabes Dans leur robe d’azur Que le chant de mes vers Au Souffle de la Vie Ose une rime alerte Qu’on m’accorde le temps De tremper … Continuer de lire Annie Lautner – Qu’on me donne

Statue de sel ( RC)


– A  trouver   dans le biblique des analogies Avec les  aventures  de la mythologie Je  vois  de partout des anges, les ailes Et  au rivages d’océan, des ptits tas de sel En pays lointains  et ça  –  c’est pas  de bol – Que la mer soit morte,  ( et que l’eau  s’envole) Une histoire  à l’eau de rose Et voilà le sel qui dépose Sur … Continuer de lire Statue de sel ( RC)