Mohammed Fatha – Je m’en vais la tête haute


mohammed fatha Je m’en vais la tête haute Absorber la misère Moi l’ami des exilés Mes dessins animés Pour maintes évasions Millénaires Les regards assassinés La veille des morts A toi l’honneur Monsieur l’Ermite Dépuceler la sagesse Les pistes dépeuplées Nos vierges se complaisent Dans les couleurs nocturnes Nos sentiers n’ont jamais été Impasses Jamais indiscrets De minables camarades Les caravanes anonymes Les poisons qui … Continuer de lire Mohammed Fatha – Je m’en vais la tête haute

Ronde en bocal – ( RC )


    Dans l’univers  clos  du bocal Un couple de poissons  se  croise C’est une goutte  suspendue Dans un frêle enclos de verre Juste un temps pour tourner en rond A côté des plantes  du salon… Une vie suspendue Dans un cercle perdu Ici,  pas  d’eau qui coure Et pas de lieux inconnus A peine trois cailloux sculptés Dans un ailleurs exporté. Il n’y a … Continuer de lire Ronde en bocal – ( RC )

Gerard Titus-Carmel – la gloire du charpentier


vous deux ombres qui m’accompagnez dans tous mes déplacements suspendues à mes lèvres      épiant mes faits & gestes et prétendant me servir à tous desseins toute figure double à ma mémoire exténuante en quelque sorte vous êtes le mot & la phrase en même temps vous entravez ma marche     ralentissez ma progression vers toujours plus d’ombre toujours plus d’ombre vous tirant avec moi jusqu’au relais            … Continuer de lire Gerard Titus-Carmel – la gloire du charpentier

Miquel Marti i Pol – Vingt-sept poèmes en trois temps


– Vingt-sept poèmes en trois temps (1972) Cette rumeur que l’on entend n’est pas de pluie. Il y a longtemps qu’il ne pleut plus. Les sources sont taries et la poussière s’accumule dans les rues et les maisons. Cette rumeur que l’on entend n’est pas le vent. Ils ont interdit le vent pour qu’il ne soulèvent pas la poussière qu’il y a partout et que … Continuer de lire Miquel Marti i Pol – Vingt-sept poèmes en trois temps

Mahmoud Darwich – Blocus pour les panégyriques de la mer


            BLOCUS POUR PANÉGYRIQUES DE LA MER S’envolent les colombes S’envolent les colombes Se posent les colombes Prépare-moi la terre, que je me repose Car je t’aime jusqu’à l’épuisement Ton matin est un fruit offert aux chansons Et ce soir est d’or Nous nous appartenons lorsque l’ombre rejoint son ombre dans le marbre Je ressemble à moi-même lorsque je me … Continuer de lire Mahmoud Darwich – Blocus pour les panégyriques de la mer

J’aide à sourire le réel – ( RC )


J’aide  à sourire  le réel En plaçant des étoiles Aux quatre coins  du firmament sans demander la permission Je lance des atomes à la pelle Envoie des mots, peins les toiles Mâche du fictif, aux cinq continents Et fais non -sens aux obligations. J’associe, l’impossible, et le concevable, Funambule des phrases, je danse, En parfumant d’essences Des temps  qui courent, de souffles  nouveaux ; S’il … Continuer de lire J’aide à sourire le réel – ( RC )

Cathy Garcia – Ma thématique


MA  THÉMATIQUE sur l’abscisse désordonnée de mes amours j’ai posé la circonférence d’une lune pleine sur les sinuosités de ma sauvagerie j’ai lâché des aigles brûlants et aimé sentir ma chair se détacher par petits bouts sur mes désirs parallèles j’ai tendu des ponts des passerelles instinctives pour attirer la foudre balafrer la plénitude de mes courbes peut-être trop maternelles l’oiseau de nuit s’acharne à … Continuer de lire Cathy Garcia – Ma thématique

Fernand Rigot – Dimanche matin


          provenant de la maison de la Poésie – Wallonie Bruxelles   Dimanche matin J’ admire la femme aux yeux glauques -Où les reflets se meuvent en rectangles,- Qui promène une tarte à bout d’ ongles, Dans ce tram au roulement rauque. Les parois avec les rayons jonglent, -Les rayons qu’ en tremblant laissent passer les vitres; Il fait bon : … Continuer de lire Fernand Rigot – Dimanche matin

Retrouver le chemin ( RC )


Même  s’il fait jour, quelque part, c’est une  fête nocturne Un frôlement de gestes, des bonds discrets, et des yeux  habitués  à l’obscurité. On a laissé au loin         , le bruit et la fureur,  le crépitement  du soleil sur les  chaumes Pour  la cathédrale  de pénombre, Où se glissent  de temps  à autre les bourdonnements  têtus d’avions,                 … Continuer de lire Retrouver le chemin ( RC )

Walt Whitman – Chant de moi-même


        Chant de moi-même (extrait) Je me célèbre moi, Et mes vérités seront tes vérités, Car tout atome qui m’appartient t’appartient aussi à toi. Je paresse et invite mon âme, Je me penche et paresse à mon aise . . . . tout à la contemplation d’un brin d’herbe d’été. Maisons et pièces regorgent de mille parfums . . . . les … Continuer de lire Walt Whitman – Chant de moi-même

Taire le silence ( RC )


Si j’apprends  à  taire le silence En jetant quelques cailloux dans l’eau Alors, la surface  remue, et se souvient En cercles  concentriques, des éclaboussures Et des gestes  ténus, Qui repoussent  quelques  secondes la léthargie, En laissant ,          une place à la vie. Mon geste n’est plus là, mais seulement sa trace Comme lorsque je passe un doigt distrait Sur la couche  de poussière recouvrant le … Continuer de lire Taire le silence ( RC )

José Gorostiza – mort sans fin – extr 02


    I Rempli de moi, assiégé dans mon épiderme par un dieu qui me noie, insaisissable, leurré peut-être par sa radieuse ambiance de clartés occultant ma conscience répandue, mes ailes brisées en esquilles d’air, mes pas qui, maladroits, tâtonnent dans la boue; rempli de moi, repu, je me découvre dans l’image étonnée de l’eau qui est et seulement cahot immarcescible, écroulement d’anges tombés dans … Continuer de lire José Gorostiza – mort sans fin – extr 02

José Gorostiza – mort sans fin – extr 01


–     O, quelle joie aveugle, Quelle soif d’utiliser à fond L’air que nous respirons, La bouche, l’oeil, la main. Quelle démangeaison vive De dépenser tout de nous-mêmes En un seul éclat de rire. O, cette mort impudente, insultante, Qui nous assassine de très loin, Par delà le plaisir d’avoir envie à mourir D’une tasse de thé… D’une petite caresse. *** … ce mourir … Continuer de lire José Gorostiza – mort sans fin – extr 01

Future friche industrielle – ( RC )


Avançons, avançons jusqu’au bord Au delà commencent les  rêves Trève de  la nature Gros plan, et fondu au noir, Il n’y a plus de repères, La perspective est en fuite Les mots sont partout, en suspension Il suffit de les rendre… Tranchons, découpons Les maux se fondent lentement Dans la confiture des jours… Il n’y a plus de certain; Que la nuit, Poussée par le … Continuer de lire Future friche industrielle – ( RC )

Rimes de murs ( RC )


              Il y a sur les murs  ,       tant de portraits, Tout en  sourires,    sûrs d’eux,             rieurs Ils nous promettent,   les jours les meilleurs Notre  choix  sera le bon, et au plus-que-parfait   A voir, ce que prédisent les partis,      en futur De l’aujourd’hui , demain sera toujours mieux, La politique parle au peuple, en ces lieux ….  ainsi … Continuer de lire Rimes de murs ( RC )

Jean Daive – ce que voient les yeux tout autour de l’ampoule


            L’ampoule ………..au-dessous du plafond si je suis l’enfant qui la regarde plutôt qu’au-dessus de la table comment ………….ne pas obliger la mémoire à la remplacer par un horizon plus inaugural ? . L’ampoule allumée éclaire aussi faiblement qu’un pain posé dans la pièce. Le réel des yeux est là dans une pénombre qui se dissout pleine de gaz et … Continuer de lire Jean Daive – ce que voient les yeux tout autour de l’ampoule

Variation peu crédible, sur des évènements d’antan ( RC )


                Marie est au bout d’une ficelle, à dépenser idées congèles C’est un jeu de maux, jeu de vilains qui joint le geste Aux paroles des étoiles, à compter les pieds, de nez, Mettant voile et vapeurs, rien n’est sûr, ni le pied marin Ce qui souffle en rêves coincés, s’étale dans la ruelle Les murs ont des … Continuer de lire Variation peu crédible, sur des évènements d’antan ( RC )

Après moi, le sommeil ( RC )


-Après moi le sommeil                                       ( à partir  d’un tableau de Max Ernst, qui porte le même nom, et qui est le premier que j’ai connu, de cet artiste ) Après moi, le sommeil, s’étend Lorsqu’un oiseau étend  ses ailes, Je touche       le bord de l’étang Comme … Continuer de lire Après moi, le sommeil ( RC )

Kiril Kadiski – Par là les siècles sont entrés dans nos jours.


  Peinture: Emil Nolde         Par là les siècles sont entrés dans nos jours… Quelque chose de miraculeux au loin : la lune pourpre frissonne et court à travers des nuages déchirés, mais de ses branches sèches un peuplier l’attrape – coquelicot déchiqueté qui flamboie au milieu du blé par une chaleur sombre et immobile… Silence partout. Enfin tu vas rentrer. Pendant … Continuer de lire Kiril Kadiski – Par là les siècles sont entrés dans nos jours.