Variation d’ombre 01 – ( RC )


– Ce sont des lignes qui se forment, On ne peut décider, Desquelles ont prise sur la réalité, Elles invoquent la lumière traversière. De la branche et de l’ombre, Même posée, sur la course d’une rivière, Et suivant ses remous, Elle reste impalpable, Du mur liquide, Au mur vertical, pierres jointoyées, Ne pouvant capter La course solaire. Oui, le jour toujours invoqué, Et l’image projetée, … Continuer de lire Variation d’ombre 01 – ( RC )

Fernando Pessoa – Plutôt le vol de l’oiseau


– Plutôt le vol de l’oiseau qui passe sans laisser de trace, que le passage de l’animal, dont l’empreinte reste sur le sol. L’oiseau passe et oublie, et c’est ainsi qu’il en doit être. L’animal, là où il a cessé d’être et qui, partant, ne sert à rien, montre qu’il y fut naguère, ce qui ne sert à rien non plus. Le souvenir est une … Continuer de lire Fernando Pessoa – Plutôt le vol de l’oiseau

Monique Mbeka Phoba- Rivages – Yemadja


      Yemadja Peut-être baisser les armes Et nous rendre la mer… La mer et ses gestes chauds L’écharpe de ses vagues au cou La mer et sa complainte débordante Autour du ventre La mer et son grain de sable Et son perpétuel questionnement d’écume La mer et sa grotte de suppositions Dans son alambic verdâtre La mer et son goût d’écume et de … Continuer de lire Monique Mbeka Phoba- Rivages – Yemadja

Michel Hubert – Captif d’un homme – 11


-11- Pourquoi tant de lumière livrée à l’universalité de l’aile montante ? pour une plus haute et plus incandescente approche de nos yeux ? toute la vérité ses mensonges poisons qui n’ouvrent pas seulement la mort à nos sommeils profonds non il n’y a rien de réparable dans le Dieu de ton Sexe au tonus de mezscal puisque c’est un tout ou rien puisque c’est … Continuer de lire Michel Hubert – Captif d’un homme – 11

Nous sommes sans doute sortis de leur esprit – ( RC )


– Une existence tourbillonne, Et se tourne sur elle même, En trajectoires, Elles semblent diverger, Mais restent parallèles, Si habiter son propre corps, Renvoit à plusieurs, Et qu’il est difficile De s’y retrouver, De s’y réfléchir, même, Comme penché sur un miroir, Donnant un tout autre aspect, Selon l’éclairage, Le lieu, Et le temps, habités. Le défilé des images, Penchées sur le passé, Peut revenir … Continuer de lire Nous sommes sans doute sortis de leur esprit – ( RC )

Alda Merini – Les plus beaux poèmes s’écrivent sur les pierres


– Les plus beaux poèmes s’écrivent sur les pierres genoux écorchés, esprit aiguisé par le mystère. Les plus beaux poèmes s’écrivent devant un autel vide, encerclés par des agents de la divine folie. Ainsi, fou criminel que tu es tu dictes des vers à l’humanité, vers de la rescousse et prophéties bibliques tu es frère de Jonas. Mais dans la Terre Promise où germent les … Continuer de lire Alda Merini – Les plus beaux poèmes s’écrivent sur les pierres

Allons, Shéhérazade – ( RC )


– Allons Shehérazade,      et rêvant de partager tes senteurs d’orient, il y a la course des vents d’or, sur les collines   de ton corps, Comme          dunes du désert, où même       le soleil se perd, dans des creux d’ombre, et ta chevelure sombre Et comme l’étendue se plisse, ensorcelée d’épices, S’il y a ,  Shéhérazade,   … Continuer de lire Allons, Shéhérazade – ( RC )

Ce cher Apollon, sur son char, et sa concurrence à Icare – (RC)


photo perso –   champs  de la banlieue  d’Amsterdam   – Le cher d’Apollon qui joue au papillon ne s’appuie en ses sphères que sur l’atmosphère On ne sait s’il déménage Avec tous ses bagages Et traverse les airs De son allure autoritaire. – Et peut-être qu’il essuie D’intempéries, la pluie Et aussi les présages De lourds nuages Pour monter plus haut Que sur son … Continuer de lire Ce cher Apollon, sur son char, et sa concurrence à Icare – (RC)

Marcel Olscamp – Piazza Navona


   photo : Emanuel Tanjala –                         fontaine des 4 rivières piazza Navona                   Rome – Les bruits des rues séchaient déjà fragiles dans leur nuit de pluie lorsque l’amant de ton roman sortit transi de ta valise en répandant sur le trottoir la rumeur douce … Continuer de lire Marcel Olscamp – Piazza Navona

Egon Schiele – Sensation


– De vastes vents violents ont tourné le dos à la glace et j’ai été forcé de plisser les yeux. Sur un mur rugueux j’ai vu le monde entier avec tous ses vallées, ses montagnes et ses lacs, avec tous les animaux qui courent autour Les ombres des arbres et les taches de soleil m’ont rappelé les nuages. Je marchais sur la terre Et je … Continuer de lire Egon Schiele – Sensation

Theo Léger – Le courtisan


  -LE COURTISAN   Pareil à la sculpture indispensable aux palaisà l’architecture d’une salle de bal Virtuose des redoutes, Cicérone des alcôves de la cour,tel le voilà! si léger qu’il tourne à tout vent. Il s’exerce à la danse : art très utile Aux temps du carnavald’un tour de valse il fait tomber dans la disgrâcedes tribus tout entières. Rompu aux méandres du jeu, il … Continuer de lire Theo Léger – Le courtisan

Jean-Marie Kerwich – Je suis un vagabond


    –   « Je suis un vagabond comme Halladj ou Kabir étaient tisserands. Un de ces êtres qui ne représente rien pour le monde. Leur pauvreté fut l’origine de la poésie. Les poètes prenaient entre leurs mains un bout de ciel et le caressaient délicatement comme on caresse un nouveau né, et soudain la parole était vêtue de poésie… Continuer de lire Jean-Marie Kerwich – Je suis un vagabond

L’histoire cohabite sa géographie – ( RC )


Du creux ombreux aux pentes neigeuses, Le parcours des siècles, Des pays conquis, esclaves soumis, Il n’est plus de paroles audibles, Et des routes détournées, A faire taire la voix des peuples, Quand la vague redescend, Et conduit, du sommet à l’abîme, Les hommes blessés, Envahisseurs ou envahis, ; Ils finissent par se confondre, Et s’imbriquer, au point, Que les origines, Se perdent dans la nuit … Continuer de lire L’histoire cohabite sa géographie – ( RC )

Abdelkader Zibouche – O peuple de l’arrière-monde


O peuple de l’arrière-monde du monde existe-t-il un présent à l’impensable verras-tu un lendemain à l’obscur Où dormiras-tu du sommeil des morts apaisés si nul ne prononce ton nom ni ne calme les gerçures de tes mains ni ne convie au banquet de midi la fraîcheur de l’ombre que tu aimas .   – extrait de   » Chant triste pour une Algérie défunte » Continuer de lire Abdelkader Zibouche – O peuple de l’arrière-monde

Kaléïdoscope – ( RC )


  Regarde bien! La scène se découpe, Elle se démultiplie, Les images se mélangent, Se chevauchent et se renvoient, A elles-mêmes, C’est un décor de théâtre, Enfin, je crois, – On y voit des acteurs Ils sont en travers, Projetés sur les murs, Recomposés, remplis de couleurs, Elles s’enfuient ensuite, Se soudent et se rassemblent Un peu plus loin, – Et c’est une fontaine joyeuse, … Continuer de lire Kaléïdoscope – ( RC )

Alain Fabre-Catalan – Où demeurent les sources


  J’ai lancé ma pierre dans l’inconnu contre les vitres de la nuit, dans le jardin des mots plus affûtés que l’herbe sous la rosée des larmes offertes au néant. J’ai connu la parade des corps amoureux et caressé la vague claire qui dépose à brassée ses paroles légères comme braise d’un feu qui n’en finit pas de s’éteindre à l’approche des matins. J’ai vu … Continuer de lire Alain Fabre-Catalan – Où demeurent les sources

Pascal Pratz – Feuille d’été


– Le papier s’est échappé par la fenêtre à cause d’un vent mauvais ennemi de l’écrit un vent taquin adepte de Kipling venu le cueillir sur le coin de ma table il virevolte et tombe avec la grâce d’une feuille d’automne ce n’est pas l’automne jamais ne le reverrai déjà parti plus loin que le bout de la rue dessus j’avais inscrit pattes de mouches … Continuer de lire Pascal Pratz – Feuille d’été