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Toi qui vins de bien loin – ( RC )


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Toi qui vins de bien loin,
le vent derrière ton dos,
et les gestes d’écume,
as-tu marché sur l’eau,
les pas aussitôt effacés par les vagues

ou es-tu née d’une conque,
comme la Vénus de Sandro,
célébrant la venue du printemps ?
Enveloppée de ciel,
les nuées en robe vaporeuse

en as-tu repoussé les limites,
replié les courbes de l’espace ,
fait de la mer ton berceau ?
Toi qui vient de si loin
et qu’on n’attendait plus…

RC – juill 2018


Novalis – O Mère, celui qui t’a vue


 

XIV

Sculpture  Vierge à l’enfant, Musée Unterlinden  Colmar

O Mère, celui qui t’a vue

pour toujours échappe à l’Enfer.

Il souffre d’être loin de toi,

il t’aime d’amour éternel,

et le souvenir de tes grâces

donne des ailes à son âme. (…)

Tu sais, ô Reine bien-aimée,

que je suis à toi tout entier.

N’ai-je pas, depuis tant d’années,

joui de tes faveurs secrètes ?

A peine éclos à la lumière,

j’ai bu le lait de ton sein bienheureux.

Mille fois tu m’es apparue ;

je t’adorais d’un cœur d’enfant ;

ton Enfant me tendait ses mains

pour mieux me reconnaître un jour.

Tu souriais avec tendresse,

tu m’embrassais — instants divins !

Il est bien loin, ce paradis.

A présent, le chagrin m’accable.

J’ai longtemps erré, triste et las.

T’ai-je donc si fort offensée ?

Humble comme un enfant, je m’attache à ta robe :

éveille-moi de ce rêve angoissant.

Si l’enfant seul peut voir ta face

et compter sur ton sûr appui,

délivre-moi des liens de l’âge,

fais de moi ton petit enfant.

L’amour et la foi de l’enfance

Depuis cet âge d’or restent vivants en moi.

NOVALIS « Cantiques »


Marceline Desbordes – Les roses de Saadi


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J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ;

Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes

Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté.         Les roses, envolées

Dans le vent,  à la mer        s’en sont toutes allées,

Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.

Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…

Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

 

 

Marceline DESBORDES-VALMORE « Poésies inédites »


Marceline Desbordes- Valmore – Les Roses de Saadi


peinture - Joanna Chrobak

peinture – Joanna Chrobak

.
J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n’ont pu les contenir.
Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées,
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;
La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

 


C’est par un acte d’amour, que se dessine le jour – ( RC )


 

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photographe  non-identifié;

 

 

Le ciel et la terre se touchent.

Ils  s’étendent au-dessus de l’autre.

C’est par un acte  d’amour,

Que se dessine le jour.

 

La terre se retourne, quand il s’éteint,
Contre le baiser du soleil.

De l’autre côté, il fait déjà nuit,

En égrenant quelques heures.

 

Le temps de fermer les paupières,

Le ciel et la terre se confondent,

Dans l’obscurité,  et notre absence.

Leurs amours sont chasteté.

 

Et se dissimulent,

Sous un rideau d’étoiles,

Jusqu’à l’aube qui se dévoile,

Sous sa grande robe,

 

Au regard du jour,  .

 

RC – avril  2014

 


Soleil rouge ( RC )


photo perso - RC

photo perso – 2011

 

 

Tulipe ou pavot,

C’est une robe,

 

Ouverte sans défense,

Aux regards, sans décence…

Variante déposée, prière osée,

Si je me mets à genoux.

Source du photographe,

Et, – – -toujours soif

Je bois aux couleurs, vives

De têtes végétales, sensitives

 

Etoiles d’étamines,

Points noirs sur manteau d’hermine

C’est de feu qu’ensanglante,

La chevelure pétale

 

Poussée contre le crépuscule

En un radieux soleil rouge.

 

RC- 27 août 2013

photo perso  - 2011

photo perso – 2011


Tania Langlais – Ma peur ne sera pas secourue


photo perso retravaillée: Bretagne 2008

photo perso retravaillée: Bretagne 2008

MA PEUR NE SERA PAS SECOURUE



ma peur ne sera pas secourue
j’ai ma belle robe rien n’y paraît
faite de toutes petites boîtes
rejetées par la mer
quand je prendrai le monde
ça fera joli

© Tania Langlais

extrait de:  » Kennedy sait de quoi je parle  »

Éditions Poètes de brousse, Montréal 2008


Paillettes de beauté ( RC )


photo: Joce V  ( voir son ensemble de photos  sur flickR)

Un peu de beauté, en grains
Paillettes  d’or  flottant un instant dans l’air
Et s’y dessine  ton sourire
En pointillés,
un lointain peut-être,
Mais un sourire,
Traversant les distances, les froidures;

Vois-tu cette beauté,
Celle  que le froid justement,
Dépose en dentelles
De givre    …  à la robe grise de l’hiver,
Et qu’un bref sourire ,
Le soleil que tu m’envoies
Font de ces paillettes d’eau, autant de diamants  ?

Un peu de beauté
Echappée au banal
Aux injures et insanités,
Et si précieuse,
Si fragile en ses cristaux
Qu’on ne peut la conserver,
Que dans son regard et son coeur…

RC          – 9 février  2013

( écrit à la suite  de la lecture  de extrait de il(e) 4, de            Agathe Elieva

 


Anna Akhmatova – Voix de la mémoire


sculpture; art roman:           Eglise de Mozac, Puy de Dôme

 

II : VOIX DE LA MEMOIRE              N. GOUMILIOV

Le monde est un rayon d’un autre visage,

Tout le reste est son ombre.

Le pont de bois a noirci, il penche ;

Il y a là des bardanes hautes comme des hommes,

D’impénétrables forêts d’orties proclament

Que l’éclat de la faux n’y entrera pas.

Au soir, un soupir passe sur le lac,

La mousse grimpe, revêche, sur les murs.

J’ai rencontré là

L’année vingt et un.

Le miel noir parfumé

Était doux aux lèvres.

Les branches griffaient

La soie blanche de ma robe,

Sur le pin tordu

Le rossignol refusait de se taire.

Au cri convenu

Il sort de sa tanière,

Comme un gnome des bois

Plus tendre qu’une soeur

À travers les prés,

À travers la rivière,

Il fonce et, plus tard,

Je ne dirai pas : laisse-moi.


S’ouvre le balcon du ciel ( RC )



Peinture: J Mirò :  femme, oiseaux, étoile…  Metroplitan Mus of Art  N Y C

 

-Si soudain,      s’ouvre le balcon du ciel,
Et ,    que la crampe du soleil, me fixe,
D’un oeil morne               alors une vie
A détacher ses ailes
Pour chuter  dans le haut
Aspiré par les nuages
Je me verrais                    ange déchu
Regagner l’ivresse du vent
Le baiser des oiseaux,

Et bientôt la nuit
Piquetée  d’étoiles
Pour  tutoyer Orion,
Pégase et Cassiopée
Et peut-être,           je te verrai
Habillée d’aurores boréales,
Jouer au billard
Avec les planètes,
Rire des comètes…..

Si soudain,            s’ouvre ta fenêtre
Et qu’un oeil de lumière me fixe
Au dessus  de ta silhouette,    alors une vie
Pour me pousser  des ailes
Et chuter vers le haut
Aspiré par ton balcon,
Je me verrais,            ange nouveau
Appuyé  sur le vent
Aux baisers de l’ aimée..

(  … et bientôt la nuit
Piquetée  d’étoiles
—–Tu aurais laissé suspendue
Ta robe boréale….        —-> )


RC – 19 septembre 2012


Albert Samain – Silence !…


photo perso: Mont Lozere 2006

SILENCE!…

Le silence descend en nous,
Tes yeux mi-voilés sont plus doux ;
Laisse mon coeur sur tes genoux.

Sous ta chevelure épandue
De ta robe un peu descendue
Sort une blanche épaule nue.

La parole a des notes d’or ;
Le silence est plus doux encor,
Quand les coeurs sont pleins jusqu’au bord.

Il est des soirs d’amour subtil,
Des soirs où l’âme, semble-t-il,
Ne tient qu’à peine par un fil…

Il est des heures d’agonie
Où l’on rêve la mort bénie
Au long d’une étreinte infinie.

La lampe douce se consume ;
L’âme des roses nous parfume.
Le Temps bat sa petite enclume.

Oh ! s’en aller sans nul retour,
Oh ! s’en aller avant le jour,
Les mains toutes pleines d’amour !

Oh ! s’en aller sans violence,
S’évanouir sans qu’on y pense
D’une suprême défaillance…

Silence !… Silence !… Silence !…

ALBERT SAMAIN


Czeslaw Milosz – Rien de plus


Jangarh Singh Shyam - Un paon

Rien de plus

…………

Si j’avais pu décrire comment les courtisanes vénitiennes


Avec un roseau taquinent un paon dans la cour


Et du brocart mordoré, des perles de leur ceinture,


Délivrent leurs seins lourds, si j’avais pu dépeindre


La trace rouge de la fermeture de la robe sur leur ventre


Tels que les voyait le timonier de la galère


Débarqué au matin avec son chargement d’or,


Et si, en même temps, j’avais pu trouver pour leurs os,


Au cimetière dont la mer huileuse lèche les portes,


Un mot les préservant mieux que l’unique peigne


Qui, dans la cendre sous une dalle, attend la lumière,



Alors je n’aurais jamais douté. De la matière friable


Que peut-on retenir ? Rien, si ce n’est la beauté.


Aussi doivent nous suffire les fleurs des cerisiers


Et les chrysanthèmes et la pleine lune.



Czeslaw Milosz

Voir aussi par rapport au texte  de Milosz  la belle  création  de Manouchka  ( à la hauteur des mots)…  voir ici

 

Quant à moi,  sur la peinture  de van Gogh j’ajoute ceci:

En chemin vers l’été

La voûte d’Azur  de Vincent

Offre ses dons fleuris d’amandiers

 

RC  4- avril 2012

peinture: V Van Gogh, branches d'amandiers en fleurs


Edoardo Sanguinetti – Ballade des femmes


 

 

 

dessin  - Audrey Flack

dessin - Audrey Flack

BALLADE DES FEMMES
« quand j’y pense, que le temps est passé,
à ces mères anciennes qui nous ont portés
et puis aux jeunes filles qui furent nos idylles
et puis aux femmes, aux filles et à ces belles filles
si je pense féminin, je pense à la joie :
que je pense masculin, je pense rabat-joie :

quand j’y pense, que le temps est venu,
à cette résistante qui a combattu,
à celle qui fut touchée, à celle qui fut blessée
à celle qui est morte et qu’on a enterrée,
si je pense féminin, je pense à la paix :
que je pense masculin, et penser ne me plaît :

quand j’y pense, que le temps retourne,
que le jour arrive et que le jour ajourne
je pense au giron qu’un ventre de femme enrobe
maison ce ventre qui porte une robe,
ce ventre une caisse qui va finir,
quand arrive le jour, on va tous dormir

parce que la femme n’est pas ciel, elle est terre
une chair bien en terre, qui refuse la guerre :
en cette terre, où je fus semé
j’ai vécu ma vie et j’ai planté,
ici je cherche la chaleur que le cœur ressent,
la longue nuit qui devient un néant

je pense féminin, si je pense à l’humain :
viens ma compagne, je te prends par la main ; »