Barbey d’Aurevilly – Le cachet d’onyx


l’extrait vers la fin –  de ce récit …de Barbey d’Aurevilly qui met en « boîte » la vision de Shakespeare… —————- Pourquoi donc mon Othello, Madame ? Y aurait-il donc de l’égoïsme de sexe comme de personne, et tout le secret de la pitié serait-il celui-ci : « Je vous plains parce que vous êtes plus moi ? » Quoi donc ! Si je transposais les … Continuer de lire Barbey d’Aurevilly – Le cachet d’onyx

tes yeux, l’encre bleue (RC)


        De tes yeux, l’encre bleue Vient faire écho aux cieux Ne reflètent pas le vide D’un regard liquide Un monde si furieux En bosses et en creux Révèle voiles et lumière Colères et soufrières Si le jeyser tout à coup crache Des émotions qu’ils cachent Tes yeux, quand ils se lâchent Ne forment pas tache Et sans obstacles la course Des … Continuer de lire tes yeux, l’encre bleue (RC)

Sylvia Plath – la veuve Mangada


                  la revue  « A la dérive »,  n°1,  paraissait l’an dernier   avec le sous  titre  « batir de beaux monstres »   voici  un court extrait, ce texte  de S Plath   La maison de la veuve Mangada : en stuc clair, couleur pêche, sur l’avenida principale qui longe la côte, donnant sur la plage de sable jaune roux avec … Continuer de lire Sylvia Plath – la veuve Mangada

Erwin Mortier,- Temps de Pose 01


Il y a aussi les livres   que je suis en train de lire… et j’aime ( dans la surprise, et au fur à mesure que j’avance dans la lecture, distiller  de petitsextraits)… —–         TEMPS DE POSE Contre toute raison, j’étais persuadé qu’il devait exister quelque part un monde d’images que personne n’avait jamais fixées sur la pellicule, sauf peut-être la lumière … Continuer de lire Erwin Mortier,- Temps de Pose 01

Bienveillance des mains, en silence ( RC)


    Le bonheur, la bienveillance Et mes mains  en silence Posées sur ta silhouette fine Sont serpentines Le compotier de tes fruits mûrs Aura ses couleurs les plus pures Et le nectar auquel je vais aduler Aux rouges de tes joues, acidulés Et ta sculpture mobile parade En toutes facettes, une myriade De points de vue élastiques Aussi variés que touristiques. Continuer de lire Bienveillance des mains, en silence ( RC)

Luis Sepùlveda – Changement de route


Changement de route Le mardi 17 mai 1980, le train Antofagasta-Oruro quitta la gare  pour un voyage de routine. Le convoi comptait un wagon postal, un de marchandises et deux de voyageurs, première et seconde classe. Il y avait peu de voyageurs et la plupart descendirent à Calama, à mi-chemin de la frontière bolivienne. Ceux qui restaient, quatre dans le wagon de première et huit … Continuer de lire Luis Sepùlveda – Changement de route

Barbara Köhler – Gedicht


Barbara Köhler – Gedicht   Poème Je me nomme « tu » parce que l’écart s’amincit entre nous comme peau contre peau nous ne sommes plus différents séparés, mais un et l’autre : la frontière c’est la blessure, le gué : une plaie ouverte tu me nommes « je » lequel de nous deux dit vois ce couteau incise, sers-toi traduit par Sylviane Dupuis  ( citée … Continuer de lire Barbara Köhler – Gedicht

Jean-Yves Fick – feuillet 41


25 décembre 2011 feuillet 41   viennent les passes noires et nues où voguer vers quelle terreur                                               à la proue on savait que l’étau des roches allait broyer la nef entière                                             corps et âme pour peu que ne franchissent pas les ailes blanches pour peu que ne                                          dans l’écume se montre pas la main suprême qui porterait plus loin la … Continuer de lire Jean-Yves Fick – feuillet 41

Défaut d’insectes … ( RC )


photo: coléoptère sur fleur jaune ( en réponse au   » plein  » de JoBougon… ) çà c’est ben vrai ma brav dame… ces petites bêtes à gratter sont d’une ingratt titude que ç’en devient habitude aussi plutôt qu’en faire un drame Mieux vaut l’ voyage aux tropiques même s’il, faut se frotter les animaux qui sont typiques nous font dégoiser à défaut d’être sympathiques ou … Continuer de lire Défaut d’insectes … ( RC )

Sésame en trésors et lampe d’Aladin ( RC)


                    En errant dans les rues, sur les  chemins Au plus profond des bois, et dans ta main J’ai croisé, le simple, de la vie le signe Qui nivelle les différences et aligne L’art du pauvre, la nature rebelle, Habille d’automne, foire annuelle Du précieux de ses ors, le riche Comme le commun, et affiche Au … Continuer de lire Sésame en trésors et lampe d’Aladin ( RC)

Joachim Séné: Comme une apparition


Comme une apparition lundi 18 janvier 2010     comme une apparition l’homme est assis à terre dans le salon comme une apparition sur les murs face à face deux glaces fixées dessus des planches de bois supportent comme une apparition ses soldats de plombs poussiéreux une série de photos encadrées visages d’enfants d’adultes et le sien comme une apparition dans les miroirs des collections … Continuer de lire Joachim Séné: Comme une apparition

Pierre Reverdy – Si le réel …


                    Si le réel nous échappe, aussitôt que nous nous mettons à y penser comme si nous le posions devant nous ainsi qu’un objet sur la table, ce n’est pas tant parce que notre imagination nous tiraille toujours vers l’irréel, mais parce que nous sommes le réel, nous baignons dans le réel, nous en sommes partie … Continuer de lire Pierre Reverdy – Si le réel …

Cesare Pavese – Paysage VIII


Cesare Pavese – Paysage VIII   Les souvenirs commencent vers le soir sous l’haleine du vent à dresser leur visage et à écouter la voix du fleuve.   Dans le noir l’eau ressemble aux mortes années.   Dans le silence obscur un murmure s’élève où passent des voix et des rires lointains ;   Bruissement qu’accompagne une vaine couleur de soleil, de rivages et de … Continuer de lire Cesare Pavese – Paysage VIII

Cesare Pavese – Tu as un sang, une haleine


    Le grand  écrivain italien, Cesare Pavese, auteur  de « avant que le coq  chante« ,  a aussi une importante activité  en tant que poète:                 TU AS UN SANG, UNE HALEINE « Tu as un sang, une haleine. Tu es faite de chair de cheveux de regards toi aussi. Terre et arbres, ciel de mars et lumière, vibrent et … Continuer de lire Cesare Pavese – Tu as un sang, une haleine

James Baldwin – interrogations de Stagger Lee 4 (début)


James Baldwin, conu pour ses positions très affirmées  sur le sort des minorités noires, a publié une  série de poèmes, dont  les « interrogations de Stagger Lee », dont  voici un extrait   Enfants de la cupidité, héritiers du pillage, ils touchent à la fin de leur voyage ‘. c’est surprenant qu’ils y touchent sans s’étonner, comme s’ils étaient eux-mêmes devenus cette terre brûlée et profanée, le … Continuer de lire James Baldwin – interrogations de Stagger Lee 4 (début)

Souvenir voyageur ( RC )


          En parcourant le blog  d’Oceania, j’ai fait comme  souvent, un parcours  dans les  lointaines  parutions  dans le temps, pour  les  réactualiser…   je suis donc  parti  du poème  de Louis Brauquier,  pour  varier  sur sa page   et en voici le résultat… —– Lorsque mon souvenir ira voyager dans vos paroles En possible accueil, c’est une trace ténue Qu’en vous … Continuer de lire Souvenir voyageur ( RC )

La colline aux cigales: Derrière, tout au fond.


06-01-12 Derrière, tout au fond.   Un jour après l’autre Part dans la nuit Concorde électrique   La lueur que jadis Tu tenais Comme une pierre échappée   Du cerceau des songes L’air se détache des ombres fluettes Il enterre les vagues   Qui roulaient sur nos peaux avides Et, il nous reste l’aube fraîche Pour dernier repas   Pour dernière tentation Il reste l’absence … Continuer de lire La colline aux cigales: Derrière, tout au fond.

Augusto Lunel – Chant 5


    CHANT V … Et toi, Femme dont la peau caresse quand tu passes, plus blanche que la douceur de le dire, dont la respiration suspend la planète à travers l’eau rouge d’aurores, le souffle qui éteint un astre et en allume un autre, tu portes mon tremblement comme je porte sur moi ton existence. Femme de colombes en plein vol, aux yeux de … Continuer de lire Augusto Lunel – Chant 5

Sylviane Dupuis – au seuil


au seuil du lieu que tu regardes nous avons beau écarquiller les yeux c’est peine perdue d’appeler dans le noir ou de chercher à voir   qui de toi ou de nous, désormais habite l’envers des choses ? qui sait, et qui ignore ?   affrontés comme ces sphynx qui gardaient l’entrée des cités, face contre face nous témoignons de l’immobile mystère en attendant que … Continuer de lire Sylviane Dupuis – au seuil

Pierre Bergounioux – le poids des jours passés


Le poids des jours passés, des espérances mortes, les bonheurs enfuis sans que j’aie su qu’ils étaient des bonheurs, l’enchevêtrement des fils rompus me tiraient à la renverse, m’empêchaient d’avancer… Je n’ai jamais douté que le présent, le devenir, le temps de reste soient les bien véritables. Mais j’en use fort mal, occupé que je suis à réduire le passif en quoi le passé finit … Continuer de lire Pierre Bergounioux – le poids des jours passés

Henri Bauchau – LIANT Déliant


        LIANT DELIANT Doutant du regard doutant de la voix doutant du passage réel de l’amour dans les bois enroués par l’hiver Suivant le courant la voie des rivières relisant du cœur les points les accents la course légère de ses lignes bien espacées Doutant redoutant l’arrêt du soleil des songes du temps des dons du sommeil ne redoutant plus l’air en … Continuer de lire Henri Bauchau – LIANT Déliant

Du satellite, le quartier nouveau (RC)


        Une lune sans le miel C’était donc l’éclipse Voulant défier le ciel Qui jouait son ellipse S’est fait jeter à terre Fragile comme du verre Dans un coup de tonnerre L’éclair du cimeterre N’aura pas raison de la lumière On ne coupe pas le cou , à l’espoir Au plus, -de cette manière On affaiblit les brillances et moires Mais c’est … Continuer de lire Du satellite, le quartier nouveau (RC)

Sous la voûte noire des tropiques (RC)


              Comme un rêve de voie lactée avec étoiles vertes Sous le signe  du singe, ce singe serait-il en hiver En tournant autour de la terre,les galaxies offertes La balance d’un soir, balançoire, envoyée en l’air Les éléphants,zébus,buffles au rendez-vous Des humains endormis sous la couette des nuées Castors pumas si élégants, le savez-vous ? Chameaux, chèvres et cochons, … Continuer de lire Sous la voûte noire des tropiques (RC)

Augusto Lunel – Chant 6


CHANT VI Vie en elle-même consumée et jamais consommée, mort perpétuelle, mort brisée d’abeilles, alouette cachée dans son chant, colibri caché dans son vol, danseuse sur des aiguilles sonores, aux pieds de langues avides, aux jupons que le vent soulève sur le Pacifique, aux champs de blé qui bercent l’aube, tes mouvements sont un vase qui contient le vol des oiseaux, ton saut, la bise … Continuer de lire Augusto Lunel – Chant 6

Augusto Lunel – chant 7


              Le Poème Le cor de chasse résonne dans le soleil et précipice horizontal est le cerf. Blessé à mort de ma vie, cerf à la course bleue, cerf paré de vent, où la vitesse dans ses bois jamais ne s’arrête, l’éclatement de ton coeur s’ouvre dans ma poitrine. Clair royaume du mouvement où s’arrêter est s’obscurcir, vie qui … Continuer de lire Augusto Lunel – chant 7

Véronique Bizot… mon couronnement 02


Passé quatre-vingts ans, la rue paraît différente lorsqu’on a quelqu’un avec soi, les gens qui viennent en face ne se précipitent pas sur vous comme s’ils comptaient vous éliminer de la surface de la terre, ils ralentissent puis s’écartent, et parfois même vous accordent un regard. Mon fils, dans son harnachement de cuir, avec ce manteau qui lui battait les flancs, n’y était sans doute … Continuer de lire Véronique Bizot… mon couronnement 02

Claude Chambard – le chemin vers la cabane – 02


peinture – Julien Descossy j’ai scruté le ciel a la recherche des nuages de pluie une chauve-souris a traversé la pénombre les constellations de l’été apparaissaient lentement le chien a frotté son museau contre ma main il n’y avait pas un bruit dans la maison Grandpère disait que ce sont les fantômes qui font grincer les planchers & les armoires c’est sans doute pourquoi je … Continuer de lire Claude Chambard – le chemin vers la cabane – 02

Pétales d’hiver ailleurs – ( RC )


    (En utilisant les « brèves de Nath et Monik « ,  voilà un petit écho…) « j’ai tout qui fleurit au bout des doigts au bout des gestes  esquissés » et en rapport  avec l’article  d’Arthémisia « la fleur d’hiver » Sortie main après main Une fleur de métal Emerge en pétales Sous le lendemain Ses pétales d’hiver ailleurs Une fleur en coeur L ‘ami transparent Des … Continuer de lire Pétales d’hiver ailleurs – ( RC )

Colonnes de mémoire ( RC)


–     Bien au delà de la corde Ce morceau d’arc de terre Qui tend la distance Et nos différences,   J’ai perçu l’inversion du monde Comme si la tête en bas Mes pieds étaient collés Sur le socle du ciel.   Et j’avais à mon appui D’immémoriales légendes Des arbres sacrés   Dont les racines buvaient Le ciel, et supportaient Le monde de … Continuer de lire Colonnes de mémoire ( RC)

Eugène Durif – écorchures de la matière


Ciel bas, presque gris. L’ œil, obstinément, tente de fixer. Déchirée, la blancheur feinte laisserait voir soudain l’obscène, azur. Il ne désire rien tant que retenir ce qui s en va. Pans de ciel, croit-il discerner, à même d’improbables lignes j’erre. Si cela se relâchait complètement, ce serait un insupportable afflux de formes. Il voudrait délimiter, cadrer une surface très précise à l’ intérieur de … Continuer de lire Eugène Durif – écorchures de la matière

Véronique Bizot… mon couronnement 01


Je suis allé jusqu’au salon avec mes souliers à la main, où j’ai trouvé un homme en manteau de cuir. Le pantalon aussi semblait en cuir, et à l’intérieur de tout ce cuir, c’était bien mon fils. Il y a longtemps que je ne l’avais vu, je le connais mal, mais je l’ai parfaitement reconnu et je me suis avancé dans la pièce. Il m’a … Continuer de lire Véronique Bizot… mon couronnement 01

Luis Sepùlveda – Pour tuer un souvenir


      Pour tuer un souvenir     Tu as la photo entre les mains et tu trouves trop artificiel le paysage aux couleurs polaroïd. Trop bleue la mer, trop transparent le ciel, trop incendié cet horizon, trop de brillance dans les regards des deux personnages qui s’enlacent au mépris du vent, vêtus de pull-overs semblables. Tu regardes dehors et la seule chose que … Continuer de lire Luis Sepùlveda – Pour tuer un souvenir

Dominique Fourcade – Rose déclic – Tu parles toute seule


            Tu parles toute seule pourtant pas seule parce qu’on ne l’est jamais avec les sons des mots Tu parles parce que tu as besoin d’entendre les mots leurs éclats  plus ou moins sourds plus ou moins enchaînés besoin d’entendre le blanc de leur corps tu n’es présente que dans  leurs modalités (coriaces ou non) et il n’est question que … Continuer de lire Dominique Fourcade – Rose déclic – Tu parles toute seule