Georgette Purnode – Métamorphose


METAMORPHOSE Les mots ont-ils un regard vers nous Quand ils veulent quitter leur enclos ? Certains souhaiteraient se transformer en clown Pour faire rire les enfants tristes. D’autres aimeraient caresser le soleil Pour illuminer les maisons pauvres. D’autres encore auraient le désir De s’emplir les mains de baisers Afin de les offrir aux orphelins. Impatients de sortir ils se bousculent Puis s’écrasent les uns contre les … Continuer de lire Georgette Purnode – Métamorphose

Armando Valladeres – cavernes de silence


Faisant  suite à ma publication:  « à l’ombre », j’ai trouvé un nouveau texte  du poète cubain Armando Valladares, qui va dans ce sens, et qu’on peut  lire  ici… – j’ai fait une  légère modification (  à la fin) sur la traduction proposée..  voir Armando Valladares.Poeta cubano. « Cavernas del silencio »1983 Tu dis être libre -je ne sais pas si tu y crois mais au moins le dis-tu.- … Continuer de lire Armando Valladeres – cavernes de silence

Jean-Yves Fick – I.34


retour  sur la page  de gammalphabet I.34 By Jean-Yves Fick   d’aller dans les blancs les routes se perdent les fleuves s’ensablent les rives s’effacent d’aller dans les terres d’une main on pose une seule pierre on garde son grain c’est peut-être voix au creux du toucher une empreinte vive et la stèle nue où prendre repère pour le seul voyage. publié dansIcaria Continuer de lire Jean-Yves Fick – I.34

René Char – Nos paroles sont lentes


        Nos paroles sont lentes à nous parvenir, comme si elles contenaient, séparées, une sève suffisante pour rester closes tout un hiver ; ou mieux, comme si, à chaque extrémité de la silencieuse distance, se mettant en joue, il leur était interdit de s’élancer et de se joindre. Notre voix court de l’un à l’autre ; mais chaque avenue, chaque treille, chaque … Continuer de lire René Char – Nos paroles sont lentes

Joël Bastard – Bakofè


Bakofè     Midi, les ombres terreuses dans les jus noirs se vautrent. Traînées lentes se mouillent. Une brebis malingre le museau dans la jarre vide s’immobilise. Comme cet homme, dos au soleil, à la porte de son carré. La main dans un foulard de fortune, tête penchée à l’intérieur, la nuque s’offrant au couperet de l’obscurité. Dedans, le désir enfariné frémit dans un bouillon … Continuer de lire Joël Bastard – Bakofè

A l’ombre : « monologue carcéral » ( RC )


– Quelques pas dans le couloir, L’écho lointain du parloir Se déplace  avec le son Cliquetis , le trousseau du maton La démarche lente, Les chaussures traînantes… Et l’ouverture du volet de la porte Sa face grasse encadrée de la sorte Et le parcours de son regard louche Traverse l’espace comme une mouche.   Une lumière  un peu terne Qui s’efface  quand il ferme. Je … Continuer de lire A l’ombre : « monologue carcéral » ( RC )

Leopold Sédar Senghor – Avant la nuit


  Avant la nuit, une pensée de toi pour toi, avant que je ne tombe Dans le filet blanc des angoisses, et la promenade aux frontières Du rêve du désir avant le crépuscule, parmi les gazelles des sables Pour ressusciter le poème au royaume d’Enfance.   Elles vous fixent étonnées, comme la jeune fille du Ferlo, tu te souviens Buste peul flancs, collines plus mélodieuses … Continuer de lire Leopold Sédar Senghor – Avant la nuit

La plume vagabonde (1) – ( RC )


— Je ne souffre pas, à n’être qu’une plume Dont une conscience torturée serait l’ enclume J’aime que sans effort, ma pensée vagabonde Et que sous mes doigts cascadent et abondent Images et strophes sans que je m’entête A triturer des rimes laborieuses et courtettes J’aime que la parole coule de source, limpide et rapide, tout en fuyant l’insipide. Que de l’intérieur je conserve le … Continuer de lire La plume vagabonde (1) – ( RC )

Louis Remacle – Bonheur


– Bonheur – La vivante étoile des autres jours Avait glissé de ma fenêtre. – L’ombre, comme une lourde brume, Avait endormi mes paupières. – Et voici des voix, des jeunes voix, Des voix claires comme des sonnailles, – Qui se sont élevées et qui m’ont chanté Tout le bonheur attendu de la veille. – Et j’ai pénétré, tout doucement, Dans la vieille maison aux … Continuer de lire Louis Remacle – Bonheur

Branko Čegec – Syntaxe de la peau, syntaxe du clair de lune


Branko Čegec  ( auteur croate) – sintaksa koze, sintaksa mjesečine Syntaxe de la peau, syntaxe du clair de lune Le triomphe des chiffres descend de l’écran. Je recule, impuissant et muet.  Comme si j’étais renouvelé dans la philosophie tardive de la langue et du vin  j’accepte tout slalom pathétique  même si la fille du cadran s’est endormie dans les bras des nuits blanches  et des … Continuer de lire Branko Čegec – Syntaxe de la peau, syntaxe du clair de lune

Albert Roig – Mer adolescente


Mer adolescente                 I Comme tout resplendit avec toi près de moi endormie, verts nets, de verre, la fleur plus nette encore, obscure adolescente de sel.             II Et à présent Comme la roche sur laquelle repose ton sommeil. Au doux brisant. Et lentement tu en dévides l’écheveau, main. Et tu le tisses, souffle. Non, ne te réveille pas encore.             III Et si … Continuer de lire Albert Roig – Mer adolescente

Sensation – d’elle (RC)


  En réinterprétant une  partie  du post 1606    D’Arthémisia:  « Ce rose s’appelait Pimprenelle. Elle sourit. Se sourit. La vitre reflétait parfaitement son image. Elle se  fit une bouche fleur. »   —– La vitre reflétant parfaitement son visage Transmit , du quai de la station,  son image   Ce reflet, qui  saisit , de bonheur,l’amateur , La mateur attend.    , et tente un signe.   Lorsque … Continuer de lire Sensation – d’elle (RC)

Mythe mélanésien – l’arbre et la pirogue


  Tout homme est tiraillé entre deux besoins, le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre, c’est à dire de l’enracinement, de l’identité, et les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre ; jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue. Mythe mélanésien … Continuer de lire Mythe mélanésien – l’arbre et la pirogue

Marina Tsvetaeva – sur la mort de R M Rilke


« Chaque mort, même une mort qui sort du rang,- je parle de la tienne, Rainer, invariablement se retrouve au rang des autres morts, entre la dernière avant et la première après. Personne, jamais, n’est resté penché au-dessus d’un cercueil sans que cette pensée ne lui traversât l’esprit : « Qui était le dernier, qui sera le prochain ? » Manière de créer entre nos morts, nos morts personnels, une … Continuer de lire Marina Tsvetaeva – sur la mort de R M Rilke

L’art et notre conscience, au musée (RC)


    L’art au musée   Puisqu’il est écrit quelque part que justement on s’y connaît , et sur l’art ,et,en dévotion. Avec le sublime, avec le précieux,  avec l’unique… Nous sommes toujours prompts à baisser la tête, à dire merci, à demander qu’on nous accorde un peu de culture. Et cette  culture  qu’on additionne  contre nous-même,  contre la nôtre, contre celle de tous les … Continuer de lire L’art et notre conscience, au musée (RC)

Sedna – Sanguine


J’ai apprivoisé les feux du soleil couchant Pour les clouer sur nos deux cœurs pastel Combinaison d’écumes chauffées à blanc Offertes au soir comme un reflet du ciel. Voici que dans le lac de mes yeux ouverts Ton bâtonnet s’approprie l’eau lacrymale Pour tenter une esquisse à ras de terre, Caresser de sa brume, l’horizon pictural. Sur le sable rouge des pensées bonheur Nos corps … Continuer de lire Sedna – Sanguine

Attilio Bertolucci – Ancora l’insonnia


L’insonnia allunga la giornata, dunque sia benvenuta – Essa ti aiuta a gabellare il sargente Morfeo nella garitta già d’ombra fitta, a aggirare il borgo murato nel coprifuoco, a farsi gioco d’ongi ordinanza al fine di carpirer sui picchi assorti raggi qui morti, beata luce in porti ancora diurni. —- L’insomnie rallonge la journée, qu’elle soit donc la bienvenue – Elle t’aide a tromper le … Continuer de lire Attilio Bertolucci – Ancora l’insonnia

Wislawa Szymborska – La gare


La gare Ma non-arrivée dans la ville N s’est passée à l’heure ponctuelle Je te l’avais annoncé par une lettre non envoyée. Tu as eu tout le temps de ne pas arriver à l’heure Le train est arrivé quai trois un flot de gens est descendu. La foule en sortant emporta l’absence de ma personne Quelques femmes s’empressèrent de prendre ma place dans la foule … Continuer de lire Wislawa Szymborska – La gare

Thomas Moore – La dernière rose de l’été


« lieux  communs »  chez canalblog,  nous présente  une  série de poèmes  selon les  genres, pays  etc… voici  l’un d’entre  eux  d’un auteur irlandais peu connu par chez nous…       La dernière rose de l’été (traduction de Karl Petit) C’est la dernière rose de l’été Abandonnée en fleur ; Toutes ces belles compagnes, Sans retour sont fanées ; Plus de fleur de sa parenté Plus … Continuer de lire Thomas Moore – La dernière rose de l’été

Lionel Bourg – Montagne noire


« Je suis né sur un sol charbonneux. Tout était noir dans la région minière. Les murs, la boue dans les squares, les arbres et les façades des immeubles, les eaux grumeleuses des rivières comme les fumées que crachaient les usines, l’humeur maussade des hommes rentrant chez eux le soir, la colère des femmes, les joies fiévreuses, la misère. Je poussais là discrètement. Me promenais … Continuer de lire Lionel Bourg – Montagne noire

Claude Esteban – J’aime une abeille, est-ce trop ?


—   J’aime une abeille, est-ce trop, j’écoute le bruit d’un pétale qui tombe faut-il que je demande à genoux qu’on me pardonne vous dormez, vous les maîtres du ciel que le malheur d’un homme soit plus grand que lui, que vous importe, l’immobile a ses lois, dormez, dormez très loin de nous, qu’une abeille me guide, ce pétale qui tombe, qui va pourrir.   … Continuer de lire Claude Esteban – J’aime une abeille, est-ce trop ?