T.S. Eliot- Arriver là d’où nous sommes partis


– « Nous ne cesserons d’explorer Et le terme de toute notre exploration Sera d’arriver là d’où nous sommes partis Et de connaître cet endroit pour la première fois. Franchir la porte inconnue et reconnue Quand le dernier coin de terre à découvrir Sera le commencement même ; À la source du plus long des fleuves La voix de la cascade cachée Et les enfants dans … Continuer de lire T.S. Eliot- Arriver là d’où nous sommes partis

Laura – Prélude, comme une attente


– J’ai entendu le mot prélude, c’est comme une attente, un prélude à la nuit, un prélude à l’aurore, mais comme je ne suis pas sûr, je préfère m’arrêter là.   Un alphabet de saveurs, il faudrait donc les classer et pourquoi ? Toutes les saveurs, comme tous les malheurs et tous les bonheurs n’ont pas d’alphabet.   Tout est mélangé, une larme de cannelle, … Continuer de lire Laura – Prélude, comme une attente

la verte menace du supérieur aux oiseaux (RC )


  art  A  Wölfli   –                      Notes assemblées, collées, passages soulignés, paragraphes décalés, —-    Secrets d’alcôve de palais vénitiens Ce calme précaire suspendu dans les airs, intérieur à la flamande, La toilette de la mariée se détourne ,en carrelage froid. Le somptueux ,                   voisine l’éventail rosi                                     – chevelure fantasque, Comme le plumage onctueux d’orange, se profile L’œil fixe, me cloue,   – … Continuer de lire la verte menace du supérieur aux oiseaux (RC )

Il est des paroles précieuses ( RC )


–   Il est                         des paroles précieuses, De celles qui dessinent un contour inoubliable A travers l’air, à travers l’espace d’une page. Il est des voix, qui traversent les époques, Marquent la peau des mots De la couleur des choses précieuses, Et qu’il serait inutile de taire, d’enfermer dans une boîte, Et de                                      soustraire au monde, Comme celui qui enfouit son or, sous la terre. … Continuer de lire Il est des paroles précieuses ( RC )

Suspendu à ton regard ( RC )


  – Suspendu dans le vide, Quelque part sur les hauteurs, J’entends crier la voix du vent, Sous le regard étonné des nuages — Ne reconnaissent pas mes mots Au delà des précipices…   Ravins obscurs d’où monte une brume Qui déjà m’enveloppe .   Ce n’est pas une corde Qui serait le fil  me reliant à la vie Entre deux rochers Mais juste ton … Continuer de lire Suspendu à ton regard ( RC )

Ahmed Mehaoudi – la fin d’une parenthèse


la fin d’une parenthèse! Par Mehaoudi Ahmed · c’est mieux la rose et l’eau à ce ciel de soleil on rira au crépuscule on pleura l’ami qui dira mieux à l’eau de rose   c’est mieux que d’aller fouiner dans la nuit   meilleur qu’un oiseau de bonne augure à ce visage d’idée sans arrière boutique c’est mieux d’écouter un grillon éplucher une orange lire … Continuer de lire Ahmed Mehaoudi – la fin d’une parenthèse

Claude Debussy – Voir le jour se lever


– Une citation paradoxale, pour quelqu’un d’aussi fin musicalement  que  Claude Debussy: « Voir le jour  se lever est plus utile que d’entendre la Symphonie pastorale. «  Mais ( outre la notion  d »utilité », qui pourrait se discuter, et savoir  qu’est-ce  que l’auteur entendait par là ) …  le fait de ressentir des émotions  dans le monde « en direct », sans être lié au monde de la création,  … Continuer de lire Claude Debussy – Voir le jour se lever

L’inspire se dévide ( RC )


      l’inspire se dévide,          et il pense danse –                                  des graffitis sur le mur , essuie, il faudrait une gomme –       en attendant, –                  ou un peu de toile émeri, pour revenir au vert d’eau, qui surmonte les carreaux. Et     chacun,     passe ,     et y ajoute ses mots,                                 ce sont des obscènes qu’on       ne trouve pas en poèmes. Ou bien                             … Continuer de lire L’inspire se dévide ( RC )

Thomas Pontillo – Incantation 01


–                     J’étais si près que je me perds auprès de moi, j’ai dans mes bras les ruines du bonheur, et les draps mon seul repos mon seul tombeau sont vides et humides de toutes les larmes versées en souvenir du temps qui déborde des mots. – voir ,  de Thomas Pontillo  « présence poétique » – Continuer de lire Thomas Pontillo – Incantation 01

Dylan Thomas – Et la mort n’aura pas d’empire


Et la mort n’aura pas d’empire. Les morts nus feront foule Avec l’homme dans le vent et la lune rousse ; Quand leurs os blanchiront et leurs os blancs partiront, Ils auront des étoiles au coude et au pied ; Même s’ils sont fous, ils seront sains d’esprit, Même s’ils sont perdus en mer, ils reviendront ; Les amoureux seront égarés mais l’amour restera; Et … Continuer de lire Dylan Thomas – Et la mort n’aura pas d’empire

Ailleurs de la terre ( RC )


– Il y a d’autres  jours sur la terre , que ceux que l’on connaît. Personne  ne possède le savoir de ses rugissements , Et s’il fait ici, un temps superbe,       propice aux jeunes pousses  et rêveries,   Ailleurs se déchaînent les étaux de roches, en tsunamis Une tempête se lève quelque part au-delà des îles, L’œil du cyclone est hagard et a … Continuer de lire Ailleurs de la terre ( RC )

Alexandre Romanès – Le fer dans le ciel


Ils portent le fer dans le ciel, ils construisent des murs partout, pour chaque mouvement du bras, une loi. S’ils pouvaient faire des parcelles avec le ciel, ils le feraient. Assis dans l’herbe entre les fleurs et les reflets du ciel, je les regarde courir dans tous les sens. Ils n’avancent pas. Pire : ils reculent. – extrait de « Paroles perdues » ( Gallimard) – quelques … Continuer de lire Alexandre Romanès – Le fer dans le ciel

L’été est trop grand pour moi- ( RC )


– Une étendue jaune, se cuit dans la langueur de l’été, Le temps s’étire aux journées allongées, De l’aube au couchant L’esprit flottant, entre soleil et son reflet L’été est trop grand pour moi, Et mes habits flottent tout autour, Il n’y a de printemps  que toi, mais La solitude se glisse, entre la peau et la chaleur. Et même les humeurs étoilées de la … Continuer de lire L’été est trop grand pour moi- ( RC )

Diana Der-Hovanessian -Poème ouvert


– la mort se trouve à côté chaque dormeur ce jour se réveille guette toutes les étapes en posant le talon qui rythme s’accélère à nouveau et exhale chaque souffle sauf où l’amour y respire – death lies beside each sleeper that day wakes up stalks every step puts down the heel that pace picks up again and exhales every breath except where love breathes … Continuer de lire Diana Der-Hovanessian -Poème ouvert

Astrid Waliszek – ludion


– – petit feu, ludion joueur, à faire flamber le soir à jouer avec l’écume ma lampe de poche les vaguelettes dansent sous ton sourd flambeau au loin le bateau de pêche te prend pour un phare petit jeu de nuit à Trouville sous la pluie sous les rires d’enfant feu d’artifice, étoiles filant minuscule joie, petite étincelle dialogue sans paroles, un rien une lame … Continuer de lire Astrid Waliszek – ludion

Colette Fournier – Au matin


– Longtemps, mon cœur a battu au flanc du jour. L’aube était pure, si pure, Un lever de mystères blancs, Une pluie d’instants menus dessinés au fusain noir, La rue et son appel rauque et volage, La prairie songeuse au soleil, Et immobile sous un ciel d’extase, L’eau dormante d’un étang blond. Longtemps, je suis restée suspendue aux matins, Aux histoires de fées et de … Continuer de lire Colette Fournier – Au matin

La Provence se penche pour un baiser profond (RC )


– Il est des calanques,         comme une personne que vous aimez, En la conduisant vers la mer,        juste pour y tomber dans son lit, En allant vers le mirage sauvage de l’eau, La Provence se penche pour un baiser profond, Sertie de roches blanches, coupantes –        Comme menaçant la terre, en la poussant Dans les flots sertis de diamants mobiles, Avec ses … Continuer de lire La Provence se penche pour un baiser profond (RC )

Fatou Diome – L’Atlantique


–   L’Atlantique caressait toujours les flancs de l’île, mais ne calmait pas toutes les angoisses. Si les oiseaux chantaient le matin, les hiboux hululaient le soir. Le soleil baignait tous les visages, mais n’éclairait pas tous les chemins. Et si l’ombre est reposante, la permanence des ténèbres finit par effrayer. Les jours s’enchaînaient, stagnaient ou fuyaient à toute allure. Les humains s’évertuaient à ajuster … Continuer de lire Fatou Diome – L’Atlantique

les fenêtres ouvertes ( RC )


Il est un temps clément Et l’herbe pousse  La vie sautille et bruisse, Hier, il pleuvait à verse Les fleurs, comme il se doit, fleurissent Le vert rampe et progresse. En forêt ,il menace les clairières Et recouvre les pierres du jardin,rue et bien verte Au soleil, l’éternuement Et les fenêtres ouvertes…   Le souvenir n’est plus, du raide hier Le jour se lève, parfumé … Continuer de lire les fenêtres ouvertes ( RC )

Les couleurs endormies sous les laines – ( RC )


– Le funambuliste pose doucement ses mains sur le ciel. Il quitte la corde pour accrocher un rayon de soleil Et réchauffer, hors des habits gris Les couleurs endormies sous les laines. Une petite dame à la coiffure d’or, S’empare des morceaux solaires. On peut dire qu’elle se les approprie Pour poser ses mains sur ma poitrine. Elle a recourbé le ciel autour de moi, … Continuer de lire Les couleurs endormies sous les laines – ( RC )

Maurice Fickelson – Pratique de la mélancolie – sur la colline


      SUR LA COLLINE Curieuses gens que ceux du village de N. : ils ont pour le soleil un attachement excessif, singulier, maniaque. Et quelle façon de le démon­trer ! S’ils habitaient l’une de ces froides et lointaines contrées du Nord que l’hiver enténèbre pour de longs mois, cela s’expliquerait, à la rigueur. Mais ici… Je m’efforce de les comprendre, et même de … Continuer de lire Maurice Fickelson – Pratique de la mélancolie – sur la colline

Se fondre dans le masque – (RC)


– Et si les gens se prennent Pour d’autres Tout compte fait Il faut consulter Le catalogue des concordances – croyances – Et questionner le conforme Même si cela n’en vaut pas la peine Détricoter, opiniâtre Les définitions ( Une autre ) -caméléon- Qu’attends tu des autres ? Qu’attend-on de toi ? Comme si pour soi-même Un modèle Celui dont on pourrait se faire prothèse … Continuer de lire Se fondre dans le masque – (RC)

Ahmed Mehaoudi – Si Proust n’avait pas écrit « à la recherche du temps perdu.


– si proust n’avait pas écrit « à la recherche du temps perdu. » –  jeudi 17 janvier 2013 – parfois çà tombe mal le temps ,l’avoir perdu puis courir le rechercher.. c’était un jour d’hiver , plutôt un jour presque de neige car toute la nuit elle a tenté de descendre par flocons , mais au matin elle se modifia préféra nous alimenter d’une pluie rêveuse … Continuer de lire Ahmed Mehaoudi – Si Proust n’avait pas écrit « à la recherche du temps perdu.

Le geste avait pris sa main ( RC )


– Ce qu’il se passe sur sa page, je ne peux l’expliquer          … il y a de l’oubli nécessaire, et un temps céleste, qui brouillaient sa présence et dirigeaient ses pas.                   Des pas d’encre                quand je débarquais demi- inconscient, franchissant des seuils sans s’arrêter, usant de l’entaille comme des signes,       portés par une mémoire.   Elle était là, à ma place, basculant au … Continuer de lire Le geste avait pris sa main ( RC )

Edmond Jabès – angoisse d’une seule fin ( 01 )


Être encore où l’on n’est plus que cet « encore » à vivre. Les mots de l’amitié précèdent, toujours, l’amitié comme si celle-ci, pour se manifester, attendait d’être annoncée. I. Nous ne pouvons avoir une image de nous-mêmes. En avons-nous une d’autrui? Sans doute, mais nous ne savons, jamais, hélas, si elle est la bonne. Voir, comme on dirait « au revoir » à un étranger, en le regardant … Continuer de lire Edmond Jabès – angoisse d’une seule fin ( 01 )

Claude de Burine – Montagne


Montagne  Peut-être Qu’en se mettant En face En face du soleil Dans la merveille du sang Pourrons-nous Traverser la nuit Pourrons-nous écrire Les mots les plus simples Comme quelqu’un Qui met ses sandales Pour aller dans l’herbe.     Claude de Burine poétesse dont on trouve des productions sur le site lieucommun – – Continuer de lire Claude de Burine – Montagne

Mots de phoenix ( RC )


–                           Cette  lutte  dans la  froidure Que l’on partage  en fins mots De quoi tenir  au chaud Encore des chants  d’azur… Feux  de phénix Renaissant de ses cendres On peut  toujours  attendre Des phrases prolixes Ou je ne sais  quoi Des feux follets Ne laissent  inquiets Que ceux restant cois… J’observe alors, … Continuer de lire Mots de phoenix ( RC )

Flaques jaunes, flèches solaires ( RC )


champ de colza  en Toscane   – photo ricsen – C’est comme au don de la vie si résistante au bleu Que claquent les draps dans le vent, Les oriflammes où se découpe ton ombre Je suis venu emprunter le fil suspendu d’une balade, au soleil ,   nu. Les flaques jaunes éparses au milieu des dolines, Le causse comme ventre du jour, et J’ai mêlé champ … Continuer de lire Flaques jaunes, flèches solaires ( RC )

Massimo Pastore – Abstrait palpable


–   Ho donato la mia spalla nuda alla notte, quando le stelle si facevano spazio coi denti tra le inquietudini del cielo allora cantavo una canzone lenta sillabata, quasi come se le parole scuotessero la lingua mutando stagioni, dissapori e assolute verità e con le scarpe sugli occhi andavo legando, slegando sotto il cielo montagne di teoremi o piccole poesie. Massimo Pastore, da Gesù dei … Continuer de lire Massimo Pastore – Abstrait palpable

Mario Luzi – à l’image de l’homme ( extrait )


      –   Trop différente de nous. Trop hors de portée de l’appel ou du signal de retour. Anéantie même douceur et tourment du souvenir et de la différence.   D’au-delà de toute mesure humaine il nous regarde, cet âge qui fut souverain, pétrifié par sa distance soustrait par l’oeuvre du temps au temps et au changement.   Ô ère qui es la … Continuer de lire Mario Luzi – à l’image de l’homme ( extrait )

Du fond de la grande mer, je m’envolerai ( RC )


Du fond de la grande mer je m’envolerai,

   je serai
 Dauphine, je sortirai de l’ombre.
 

 Au long cours, 
les courants glacés,
 

 les algues
 rapides,


   des vaisseaux 
lointains


   des notes d’écume sur le vert mouvant,   je serai rapide, je
 serai glissante

 
 


 En Antarctique, de mon voyage  et 
rejoindre 


 Celui d’entre les Ices, celui qui glisse sur les
 glaces


 … Continuer de lire Du fond de la grande mer, je m’envolerai ( RC )

Thomas Pontillo – Il suffirait qu’un peu de ciel


      extrait de Ce qu’ a dit la beauté           – Il suffirait qu’un peu de ciel appelle d’une voix d’eau ou de vent pour que l’air ouvre des portes battantes vers la mer nourrie de larmes, pour que tout se révèle, troué d’étoiles éblouies et de joie.   Mais les oiseaux se sont tus, le ciel est noir … Continuer de lire Thomas Pontillo – Il suffirait qu’un peu de ciel

Ara Babaian – des visages apparaissent dans la nuit comme une prière


– poésie  arménienne: Ara Babaian:  dont  j’ai  légèrement modifié  la traduction pour mieux l’adapter  – selon moi –  au sens Cliquer pour écouter le clip audio de visages apparaissent dans la nuit comme une prière lue par Lola Koundakjian.     La nuit des visages viennent aux apparences de prières avec des hymnes à leur front et comme, les rivières, avant, comme la terre, notre … Continuer de lire Ara Babaian – des visages apparaissent dans la nuit comme une prière

Abdallah Zrika – Je veux un horizon vertical


peinture: H Matisse : porte-fenêtre à Collioure        ( difficile  de trouver une  reproduction convaincante) – « Quand je dis ciel je dis seulement ce petit coin noir où j’aperçois quelques rêves miens dans la nuit » The Garden Window, Open n110, 1969 … deux reproductions  extraites  de l’article intéressant sur les fenêtres  que l’on peut  retrouver  ici… Continuer de lire Abdallah Zrika – Je veux un horizon vertical