Florence Noël – branche d’acacia brassée par le vent ( 1 )


Premier mouvement : Presto et si nous revenions, tu sais, le cuivre des saisons, le parfum blanc l’égarement, si nous revenions à cette source où le jour coule sans discontinuer et si tu me prenais la main, le premier seuil à dépasser comme un jardin qu’on nomme, et qu’ainsi on habille et qui s’étonne d’un pied – nous foulons la houle herbeuse et si nous … Continuer de lire Florence Noël – branche d’acacia brassée par le vent ( 1 )

La nuit a juste oublié la lumière – ( RC )


  – Tu ignores tout de la nuit . Elle a juste oublié  la lumière, Les belles saisons  s’enfuient Sous des manteaux  de poussière, Qui s’étendent  en rideaux, De latérite Sur les  routes d’Afrique    : Ces fils tendus entre des pays, Dont beaucoup mordent la misère, A pleines dents . Car la nuit  s’étale en plein jour, La population ne connait d’amants, Que les dieux  de … Continuer de lire La nuit a juste oublié la lumière – ( RC )

Marina Tsvetaieva – La maison


Maison – épaisse verdure, Vigne vierge et chèvrefeuille, Maison peu familière. Maison si peu mienne ! Maison – au regard sombre Aux âmes lourdes, Le dos tourné à la cité, Les yeux fixés sur la forêt, Gaie, aux cornes de cerf, Joyeuse, comme une ourse, Chaque fenêtre – un regard, Et dans toutes – une personne ! Le fronton dans la glaise Chaque fenêtre – … Continuer de lire Marina Tsvetaieva – La maison

On ne peut se saisir de l’horizon ( RC )


–   Bien sûr, on ne peut se saisir  de l ‘horizon, Et si quelqu’un le peut, ce n’est pas notre affaire. Plutôt que  convoquer Dieu, Ce sont des mille feux de l’astre,ses rayons, prodiguant leur lumière, Ils se posent, si légers, Que , même l’atmosphère les tolère Et s’en émeut, Jusqu’à les prolonger, Comme  en une  serre Et en devient bleue. La planète poursuit sa … Continuer de lire On ne peut se saisir de l’horizon ( RC )

Henri Pourrat – Le clos au levant


Lorsque le soleil se lève, Il se lève sur un clos : La fraise y vient sous la fève, Le cassis sous le bouleau. Loin des fumées du village Et des jardins en casiers, Un clos qui sent le sauvage, Plein d’ombre et de framboisiers. J’entends le vent des collines Qui m’apporte son odeur De cerfeuil et de racine, Son goût d’herbe de senteur. Juste … Continuer de lire Henri Pourrat – Le clos au levant

Jean Sénac- les belles apparences


Le cœur à l’étroit mes amis sommeillent ils ont froid et les abeilles feront un miel amer Mon pays sourit aux touristes Alger la Blanche dort en paix vont et viennent les cars de police la lèpre au cœur est bien gardée Qui donc ira dénoncer la grande amertume des ruches le corps à l’étroit les pauvres trichent avec le froid Belle peau de douce … Continuer de lire Jean Sénac- les belles apparences

D’où partaient les navires – ( RC )


Il y a un port d’où partaient des navires, (    en tout cas, on voit une jetée qui s’avance, en briques descellées, d’un timide assaut vers le large, où le gris s’étale,           indifférent     ) . L’endroit est déserté, de gros anneaux sont rouillés. Peut-être est-ce le reste d’une ville se prolongeant au-delà, engloutie petit à petit, malgré … Continuer de lire D’où partaient les navires – ( RC )

Zareh Chouchanian – Tu cherches quelqu’un dans le miroir


    Je suis perdu dans un bois Fait de pierre De gens et de chair Je suis ligoté dans un filet Fait d’amour et de tendresse Où je suis l’araignée Et la mouche Je pensais que je pouvais courir Je pourrais voler Je pensais que je pouvais mourir Mais je ne pouvais pas J’ai oublié qui je suis Comment j’étais Là où j’étais De … Continuer de lire Zareh Chouchanian – Tu cherches quelqu’un dans le miroir

Perfections et symétries – ( RC )


  Tu mesures les formes parfaites, où tous les côtés se répondent, et obéissent aux mesures identiques . Ainsi le constructeur tend vers l’utopie de la vision où la mathématique prend le dessus de la vie . Les rosaces des cathédrales, tournent en mouvements figés , aux soleils fractionnés, Les mosaïques aux jeux complexes, zelliges enchevêtrés excluent l’humain dans le décoratif. Des palais imposants, forçant … Continuer de lire Perfections et symétries – ( RC )

Catherine Pozzi – Vale


peinture  aborigène: Clifford Possum  1997 – La grande amour que vous m’aviez donnée Le vent des jours a rompu ses rayons — Où fut la flamme, où fut la destinée Où nous étions, où par la main serrée Nous nous tenions Notre soleil, dont l’ardeur fut pensée L’orbe pour nous de l’être sans second Le second ciel d’une âme divisée Le double exil où le … Continuer de lire Catherine Pozzi – Vale

Le tracé lumineux des écarts – ( RC )


Se lancer comme un projectile, à travers les espaces,              à la manière d’une fusée destinée à explorer d’autres mondes,           et dont elle ne sait rien encore.. Ainsi les étoiles seraient bien reliées entre elles,      par des fils ténus cheminant de l’une à l’autre, Ce serait l’équilibre des pensées, reflétées,      ou renvoyées ( une balle au rebond), sur la perpendiculaire d’un mur de verre, invisible, . … Continuer de lire Le tracé lumineux des écarts – ( RC )

Esther Tellermann – Choucas


photo perso fresque  de l’église de JANAILHAC    Ils sont tiens les choucas les Dieux peints les tissus refroidis la sueur et la grille Ils sont tiens les lits durs les goûts de paille l’usure des soulèvements *** Car rien ne donne la réponse ni dômes surgis ni masques de terre Pistes s’égrènent en copeaux en nuits balayées par les torches Etions accoutrés d’os faisant … Continuer de lire Esther Tellermann – Choucas

Le vent me dépasse d’une courte tête – ( RC )


                    Image – montage   perso Ainsi court le vent : Ce n’est pas encore la tempête. Il me dépasse d’une courte tête, Que je marche doucement Ou en courant. J’ai peur de mon ombre Celle-ci m’encombre Et passe devant. C’est un peu comme l’oiseau Effrayé par son reflet . Le poète ouvre son carnet Aurait-il peur … Continuer de lire Le vent me dépasse d’une courte tête – ( RC )

Jean Creuze – écorces (1 )


Écorces Lier les mots qui se fabriquent dans la forge de notre tête. En faire vivre certains commettre le meurtre d’autres. Chauffer, taper, tordre au rouge le fer. Chuchoter enfin ce qui nous habite pour l’ultime tentative de la parole. Des paroles données. Silencieusement pointe la respiration. Pulsation qui donne la vie. Le soufflet active le feu le mot juste jaillit transforme nos corps et … Continuer de lire Jean Creuze – écorces (1 )