( basé sur un texte de Jean Ristat : Le théâtre du ciel, Une lecture de Rimbaud )

photo Stem Bastensen
Qu’est-ce que je cherche, sur ces pentes ?
A m’échapper du monde du bas, de ces vallées empoisonnées,
A rechercher l’apesanteur,
Comme si je voulais rivaliser
Avec l’aigle, ou l’épervier ?
Je suis ébloui par ces champs, ces étendues de neige,
que le soleil dévore, en incandescence froides.
S’il faut fuir encore, au delà des barrières et des falaises,
C’est comme s’accrocher aux rêves.
Ainsi les montagnes , une fois franchi le col.
A l’instar de toute chose, comportent une fin .
L’élan vertical ne peut se prolonger indéfiniment .
La descente s’amorce inexorablement .
Le rêve est une chose, mais on ne peut le saisir.
Il se dissout dans la conscience revenue .
J’ai franchi des frontières, pensé d’autres espaces.
Mais des vallées, en tout point similaires,
A celles que j’ai délaissées,
Attendent, sans effort , mon retour
Sous leur rideau de brume et de banalité .
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RC nov 2014

