Michel Leiris – avare


art peinture; Patricia Watwood vanité peinture:  Patricia Watwood:  vanité Avare   M’alléger me dépouiller réduire mon bagage à l’essentiel Abandonnant ma longue traîne de plumes de plumages de plumetis et de plumets devenir oiseau avare Ivre du seul vol de ses ailes Michel Leiris (poème écrit en 1944, paru dans Haut Mal, Poésie/Gallimard, 1969) Continuer de lire Michel Leiris – avare

Claude Esteban – Le jour ne revient pas, dites-vous


assemblage « nature » Andy Goldsworthy Le jour ne revient pas, dites-vous,mais seulement sa blessure, le sang que laisse le soleil quand il s’effondre au loin tous les corps oubliés veulent savoirsi quelque chose existe sous le sol, qui les rassemble,une parcelle de substance ou rien que l’ombre,immobile comme un caillou peut-être que l’espoirn’est qu’une entaille dans la chairune étincelle sans futur dans la mémoirene dites pas, … Continuer de lire Claude Esteban – Le jour ne revient pas, dites-vous

Eugenio de Andrade – le sourire


Eugénio de Andrade – Le Sourire Je crois que ce fut le sourire, le sourire, lui, qui ouvrit la porte. C’était un sourire avec beaucoup de lumière à l’intérieur, il me plaisait d’y entrer, de me dévêtir, de rester nu à l’intérieur de ce sourire. Courir, naviguer, mourir dans ce sourire. ——— plus  d’informations  sur  E de Andrade , voir l’article des éditions  de la … Continuer de lire Eugenio de Andrade – le sourire

Effeuiller l’artichaud – (RC)


Effeuiller l’artichaud C’est y pas bô ? Et commenter Tel un entêté Tes vieilles pages Ce n’est pas l’outrage De soulever de vieux jupons Avec dentelles et pompons Effeuillons l’artichaud Donnons lui de l’indigo D’autres couleurs encore Avant d’arriver au coeur C’est ainsi renaître A mieux se faire connaître En patiente relecture De vivante écriture. Continuer de lire Effeuiller l’artichaud – (RC)

Robert Piccamiglio – Smith & Wesson


peinture-serigraphie: Andy Warhol – Dracula Je viens de me faire deux meurtres au Smith et Wesson calibre 35 Trois balles chacun dans la tête de la cervelle plein les murs des petits os plein le parquet   Ensuite je prends les corps je les enveloppe dans le tapis j’attache le tout avec la ficelle qui sert à tirer les rideaux du salon J’oublie pas non … Continuer de lire Robert Piccamiglio – Smith & Wesson

Cathy Garcia – Suture


Cathy Garcia, poète, a aussi son blog, où beaucoup d’informations  peuvent être trouvées  sur son oeuvre éditée SUTURE Lunes de cire Echo des frontières Tracées au khôl Nuit émaciée Aux éclats de souffre La langue des anges Dérange les nerfs Prend la douleur Trois fois nouée Mots souillés Paupières éparpillées Aux portes Langues humaines Langue de la soif Première Obstinée Rapprocher les lèvres Recoudre le … Continuer de lire Cathy Garcia – Suture

Claude Esteban – l’œil est au centre et chaque chose est juste


            L’œil ne connaît pas l’œil, il est au centre et chaque chose devant lui est juste et se confirme, l’œil ne regarde pas, il sait d’abord et comme il sait, il voit il trébuche, tout près, sur l’invisible. » —–   extrait de Étranger devant la porte (I. Varitions), Claude Esteban, Farrago / éditions Léo Scheer, 2001, p. 31.   … Continuer de lire Claude Esteban – l’œil est au centre et chaque chose est juste

Else Lasker-Schüler – Arrivée


ARRIVÉE Je suis parvenue au but de mon coeur. Aucun rayon n’ira plus loin. Derrière moi, je laisse le monde Et les astres – oiseaux dorés – qui prennent leur envol. La tour de lune hisse l’obscurité … Oh, cette tendre mélodie qui doucement me hante… Mes épaules se soulèvent, coupoles hautaines. ANKUNFT Ich bin am Ziel meines Herzens angelangt. Weiterführt kein Strahl. Hinter mir … Continuer de lire Else Lasker-Schüler – Arrivée

Sedna – dans l’encrier


Le blog  « la poésie que j’aime »,  de Sedna,  rassemble  beaucoup de textes intéressants  –  pn peut aussi trouver  de ses productions rassemblées ici  (chez Emirelo) voila aussi  l’adresse de son blog où sont réunies les poésies  qu’elle  a choisies.   DANS L’ENCRIER Dans l’encrier de la nuit, ma plume nécrophage Daigne s’abandonner sur le rivage des sanglots Quand frissonnent les étoiles derrière le nuage Je … Continuer de lire Sedna – dans l’encrier

Claude Esteban – soleil dans une pièce vide – TROIS FENÊTRES, LA NUIT


TROIS FENÊTRES, LA NUIT On croit peut-être que, chaque soir, les maisons se referment sur elles-mêmes comme des huîtres. Et que ceux qui les habitent peuvent enfin oublier leurs soucis et se perdre dans une sorte de douceur nacrée, dans une quiétude, somme toute assez délicieuse, loin des regards. On a tort. Il suffit de se poster, quelques heures auparavant, à une fenêtre de l’immeuble … Continuer de lire Claude Esteban – soleil dans une pièce vide – TROIS FENÊTRES, LA NUIT

Cesare Pavese – travailller fatigue


  Travailler fatigue   Traverser une rue pour s’enfuir de chez soi seul un enfant le fait, mais cet homme qui erre, tout le jour, par les rues, ce n’est plus un enfant et il ne s’enfuit pas de chez lui.   En été, il y a certains après-midi où les places elles-mêmes sont vides, offertes au soleil qui est près du déclin, et cet … Continuer de lire Cesare Pavese – travailller fatigue

Nizar Kabbani – Griffonnages d’enfant


        Griffonnages d’enfant     Mon péché — et qui de nous fut sans péché — j’ai continué de croire au bleu du ciel de voir les arbres, les étoiles, les nuages comme des amis J’ai fait de mes poèmes une ville où gouvernent les femmes chaque bouche close dans mon royaume dit ce qu’elle veut chaque sein effarouché peut comme il … Continuer de lire Nizar Kabbani – Griffonnages d’enfant

Les gourmandises de Wayne Thiebaud ( RC)


Les  écrits  qui me touchent  s’accompagnent volontiers  de parcours  en art.   Je  suis très attaché  à l’expressionisme abstrait, mais aussi  à certaines figures  du pop américain  ( Oldenburg, Larry Rivers….) j’ai choisi  aujourd’hui  de composer  « en direct »,  par  rapport  à des  oeuvres  de l’artiste  peu connu -pour nous, européens -, mais  aux  délicieuses  idées:  Wayne Thiebaud — Les  vitrines des boutiques Sont  toujours prolifiques En … Continuer de lire Les gourmandises de Wayne Thiebaud ( RC)

Arthemisia- Le Jardin suspendu


– La parole  chante aussi bien que l’âme et corps  chez  Arthie, dans une  de ses publications anciennes, que je me permets  d’accompagner  à mafaçon avec un de mes  peintres  « phare » Clyfford  Still- qui a maintenant un musée  consacré  à son oeuvre  à Denver… (grand peintre  expressioniste abstrait américain, dont je  conseille vraiment une vue  en « réel » ).   voir aussi le  bel article  sur … Continuer de lire Arthemisia- Le Jardin suspendu

Giorgio Manganelli- Centurie 31


              Giorgio Manganelli   écrivit    Centurie  « 100 petits  romans fleuves »     voila  le  début  du 31   sur  haut et fort vous  pouvez lire  le 39   TRENTE ET UN   Pour dire les choses franchement, cet homme ne fiche absolument rien. Il paresse. Il reste allongé sur son lit, s’étire, change de position. Il va d’une pièce à l’autre. Il … Continuer de lire Giorgio Manganelli- Centurie 31

Claude Esteban – Suis-je


  « Article » -poème  extrait  du blog  « terre  de femmes »         Suis-je quelqu’un qui se regarde partir et ne retrouve à ses côtés que la poussière, ai-je perdu la trace du soleil, une phrase revient qui me servait jadis de guide dès l’aube, je descends, je m’allonge contre un caillou le prodige m’attendait là, ce jardin que j’imaginais immense, les rires d’une femme … Continuer de lire Claude Esteban – Suis-je

Cesare Pavese – Simplicité


simplicité   «l’homme seul – qui a été en prison – se retrouve en prison toutes les fois qu’il mord dans un quignon de pain. En prison il rêvait de lièvres qui détalent sur le sol hivernal. Dans la brume d’hiver l’homme vit entre des murs de rues, en buvant de l’eau froide et en mordant dans un quignon de pain. On croit qu’après la … Continuer de lire Cesare Pavese – Simplicité

Marina Tsvetaieva – Interdit cet amour


– Interdit cet amour, ô femme aimée, ; Douce l’onde des cheveux et des fleurs. Destin accompli, mystère — tes voies Je ne les sonderai pas Ô bien-aimée ! chemin de croix. J’étais nu et tu m’as revêtu De tes cheveux, une averse ! Et du flot de tes larmes Je ne compterai pas les pièces ‘ Dépensées pour l’huile et le parfum, . . … Continuer de lire Marina Tsvetaieva – Interdit cet amour

la colline aux cigales – (27) – de 2008


dans un article  de 2008 ( voir la page) La colline  aux  cigales  nous proposait ce court texte… et comme  j’aime  faire  du neuf  avec de l’ancien,  ou plutôt  remonter  à la surface, ce que le temps  enfouit… en voila  donc une  version  actualisée…  (  ça  tombe  bien, puisqu’il nous parle d’éternité),  commençons par le faire  revivre…   ——- –            > Et si l’éternité commençait … Continuer de lire la colline aux cigales – (27) – de 2008

Claude Delmas – extrèmes climats – extr 02


Maintenant, appuyé contre le siège arrière  de la motocyclette, à l’intérieur de la  Brasserie Anteimo  qu’un alignement de fauteuils et de tables prolonge sur le trottoir.   Avant de le quitter pour aller s’informer auprès des croupiers de la salle de jeu des possibilités d’accès à la ville insurgée, le sous-officier sergent, familier de l’endroit, lui a confié qu’aux premières heures de la journée les … Continuer de lire Claude Delmas – extrèmes climats – extr 02

Claude Delmas– extrèmes climats – extr 01


La foule sur la place s’écarte au passage d’une arroseuse municipale. Les jours de sorties, n’osant franchir encore le seuil des établissements autour de cette place, il limitait ses promenades aux berges du fleuve lieu de rencontre des deux villes, où viennent le soir des bandes d’étudiants avec leurs instruments de musique, des couples  aisés à la démarche lente des après-dîner et des groupes de … Continuer de lire Claude Delmas– extrèmes climats – extr 01

André du Bouchet – loin du souffle


              Loin du souffle   M’étant heurté, sans l’avoir reconnu, à l’air, je sais, maintenant, descendre vers le jour. Comme une voix, qui, sur ses lèvres même, assécherait l’éclat. Les tenailles de cette étendue, perdue pour nous, mais jusqu ‘ici.   J’accède à ce sol qui ne parvient pas à notre bouche, le sol qui étreint la rosée. Ce … Continuer de lire André du Bouchet – loin du souffle

Lascaux, un lieu de conte et de magies ( RC)


  En réponse  à l’article  récent  d’Arthémisia       C’est un lieu retiré Il est au coeur d’une falaise C’est un lieu obscur Au silence de coquille C’est un lieu secret Que les hommes envoûtent C’est un lieu voûté Aux piliers incertains C’est un lieu obscur Que les hommes ont peint C’est un lieu sacré Pour croire en l’avenir C’est un  lieu enfumé Par … Continuer de lire Lascaux, un lieu de conte et de magies ( RC)

aux lendemains qui doutent, les tornades immobiles (RC)


aux lendemains qui doutent, les tornades immobiles   Tornades immobiles, étendons nous, L’épicier de passage nous assaisonne, de remords. Tchernobyl nous survole de son œil indolore, Le sang est invisible dans l’espèce d’espace où les frontières n’ont plus cours.   Aux vents de l’absence, recroquevillés d’indifférence, Des entiers des hivers des étés mélangés. Poussières en petitude, longueurs de vie rabougries Toujours un fauteuil roulant , … Continuer de lire aux lendemains qui doutent, les tornades immobiles (RC)

Robert Piccamglio – Midlands – 04


            Et que les cruautés se figent à jamais de glace sur le bord des berges où courent ces prairies d’eau et de fines herbes qu’il nous faudra encore fouler de nos pas.   Non ! Pas l’échec. Mais l’espérance il le faut avant que ne vienne la douce torpeur du matin.   Chassant ainsi les étoiles de la nuit … Continuer de lire Robert Piccamglio – Midlands – 04

Jean-Jacques Dorio – IFS ET GENÊTS EN UN SEUL CRI


IFS ET GENÊTS EN UN SEUL CRI       (mai 2010)       à Michel Cosem         Il y a des poèmes de neige et d’autres de soleil   les soirs de demi-brume à Londres très peu pour nous :   Occitans des Pyrénées et du sang que François versèrent au temps des Albigeois     Il y a des poèmes … Continuer de lire Jean-Jacques Dorio – IFS ET GENÊTS EN UN SEUL CRI

le bal des Ménines – (RC)


Au pas  dansé  des Ménines Dans les salons  ampoulés Les admirateurs unanimes Dans leurs plastrons moulés   Ont oublié  sur la toile les traces Des pas  des  vieux parquets grinçants D’un bal que Picasso efface Au  profit d’un Mondrian   D’un salon aux sombres accents Les miroirs incertains grisent La servante, et les jeux  d’enfants De la peinture, pleine maîtrise   Nous parviennent  des échos  … Continuer de lire le bal des Ménines – (RC)

Luce Guilbaud – l’instrument du temps et ma bouche


peinture  Adolph  Gottlieb extrait de  « la  chair à vif des roses »  (1978)——- Les hommes s’engloutissent dans leurs yeux refermés longs escaliers de l’ombre au fond gît la clarté. Pour le dire je n’aurai d’autre instrument que le temps et ma bouche aux paroles de pierres friables polies   roulées usées par le temps gangue émaciée à cœur la mort   le mot solide et lumineux le temps … Continuer de lire Luce Guilbaud – l’instrument du temps et ma bouche

E.E. Cummings – tandis qu’une étoile peut croître


          tandis qu’une étoile peut croître, s’arrête tout le proche tout le lointain respire un ultime rêve de cloches; sur fond de dernières lueurs en parfait profil se dessinent toutes stupéfiantes les paisibles collines (non où non ici mais aucun n’est bleu le plus tous deux) et l’histoire est incommensurablement plus riche de la mort d’une seule douce journée: comme des … Continuer de lire E.E. Cummings – tandis qu’une étoile peut croître

Frédéric Angot – LA NAISSANCE DU POETE ORANGE


            LA NAISSANCE DU POETE ORANGE   Ce jour là, mille anges, au titre de délégation divine, vinrent sur notre belle et bleue planète afin d’assister à une naissance. Oh! Pardieu! Ce n’était point naissance ordinaire!… C’était celle du Poète Orange. Ce nouvel être, tant attendu des anges et peut-être de Dieu le Père lui même, devait symboliser à mes … Continuer de lire Frédéric Angot – LA NAISSANCE DU POETE ORANGE

Luce Guilbaud – Terres liquides et bleues


      extrait de  la chair à vif des roses   1978   « la  Coïncidence »   —————     Terres liquides et bleues curiosité   voyage entre les tempes le front se troue de planètes vivantes les paroles ne cherchent plus d’écho je tiens ta tête au niveau des coraux les pieuvres-épreuves se glissent hors de tes lèvres terres silence j’agite les trésors des grands fonds quelques … Continuer de lire Luce Guilbaud – Terres liquides et bleues

Roland Dauxois – Max Ernst


Roland Dauxois,  dont  je cite  encore  une  de ses parutions,  voir  son blog… « les imprévisibles »   fait ici  directement  référence à Max  Ernst, le peintre  surréaliste,  dont  j’ai  appris  à  « apprivoiser »  la production multiforme…           En cette forêt dernière des crânes bleus dorment profondément sous les racines, la terre frémit à peine sous les cavalcades de ces ombres chevauchant tout là-haut … Continuer de lire Roland Dauxois – Max Ernst

Mouvements d’un cil – Azalée cendrée. Avalée


Azalée cendrée. Avalée Entre mes veines dissipées Déborde le feu Comme une azalée dans la cendre. ° Between my dissipated veins Beyond the fire As an azalea in the ash. Samedi 12 mars 2011. ——– directement  repris  du site photo flickR  de mouvements d’un cil:  voir  le site, où elle  associe  photos, et textes poétiques…   – Continuer de lire Mouvements d’un cil – Azalée cendrée. Avalée